‹ Monophorisme et Action françaiseChapitre 59 sur 64 · Positivisme et catholicisme , pp · texte numérisé non relu

Positivisme et catholicisme , pp

2. J'ai déjà eu l'occasion de signaler ces articles dans A trauers Vœuvre de M. Maurras.

duquel ^l. Laberthonnière cherche à obscurci]' toute la pensée de l'Action française et qui es ! celui-ci : « On peut imposer la vérité de force. Je n( crains pas do dire que, pour un esprit libre et ur bon esprit, voilà Fespoir le plus sacré ». Ils y verron que M. Laberthonnière, à la suite de Testis, a donne à cette phrase un sens diamétralement opposé 'c celui qu'elle a dans son contexte. M. Maurras, dan^ l'article d'où elle est tirée, parlait simplement duj coup de force libérateur, qui rétablirait l'équilibrcj politique et rendrait la vie nationale possible : telle était la vérité qui se pouvait imposer par la force. Puis, (( sa dette envers l'intérêt national à peinel réglée par ce recours », il insistait sur « l'apologie de la vérité toute nue, de sa force, de sa valeur, de son indestructible et perpétuelle solidité », pour mettrej en elle son plus ferme espoir. Quant à imposer une idée, un culte, une foi, l'auteur n'y faisait pas la plus petite allusion et rien n'était plus éloigné de sa] pensée ^ Mais cette discussion ne peut se résumer en quelques lignes : nous y renvoyons tous ceux qui désireraient s'édifier sur l'objectivité d'une critique qui ne craint pas de le prendre de très haut avec tous ses adversaires : ils verront une fois de plus quel crédit elle mérite.

Le second argument est tiré de la doctrine même que nous avons discutée sur le pouvoir coercitif de l'Eglise, route confession religieuse qui oserait

1. M. Laberthonnière, clans une brochure qui a pour titre Autour de l'Action française^ s'est efforcé de parer ce coup droit: je vois bien dans ce plaidoyer pro donio nombre de faux-fuyants et de réponses à côté, je n'y vois pas l'ombre d'une réponse à l'objection de fond qui lui avait été posée.

RAPPORTS DE l'ÉGLISE AVEC l'ÉTAT 155

revendiquer pour soi, à n'importe quel titre, le "ecours à la force et aux moyens de coercition physique, devient, au dire de M. Laberthonnière, une ioctrine purement extérieure, qui n'a plus rien à ^oir avec la « vie » du christianisme; elle conduit

ogiquement (! !) à un mahométisme brutal, à un 3xtrinsécisme intolérable auquel on ne peut songer

ans horreur. — Mais ici encore rassurons-nous. Pour oser attaquer de front une doctrine qui a été soutenue d'une manière constante par l'ensemble ies docteurs catholiques depuis tant de siècles, peut-être, à défaut de jugement, n'est-il besoin que de témérité? Pour ne pas voir que cette doctrine laisse à la vie intérieure dans le christianisme la place qui lui appartient de droit, peut-être n'est-il tiue de fermer les yeux à l'évidence ?

Oui, la religion, si elle s'impose, s'impose au seul titre d'obligation morale; elle ne se communique pas par la force, et toutes les conversions d'infidèles 3u d'incroyants qui ont pu ou se pourraient obtenir par contrainte ne répondent pas à l'idée du Christ et de son Eglise. Comme Ta écrit Léon XIII : « C'est la coutume de l'Eglise de veiller avec le plus grand soin à ce que personne ne soit forcé d'embrasser la foi catholique contre son gré, car, ainsi que l'observe sagement S. Augustin, l'homme ne peut croire que de plein gré : credere non potest nisi ^olens^ ». (( La religion nous avertit, selon la remarque du P. Vermeersch, que Dieu doit, par sa grâce, aider la volonté et l'intelligence de l'homme pour que celui-ci parvienne à lapersuasion absoluequ'exprime

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