‹ Monseigneur Bourget, évêque de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 3 · MONSEIGNEUR BOURC · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR BOURC

rance ; il à organisé contre ce vice destructeur des croisades qui ont eu le plus grand succès.

Il a fait cinq ges à Rome, et chaque fois il en est reveuu plus zélé et plus attaché que jamais au trône pontifical.

On comprend les jouissances que le pieux évêque a dû éprouver au milieu des merveilles et des souvenirs les plus glorieux du catholicisme. En France, en Italie, à Rome surtout, on a été témoin de l’ardeur de sa foi et de sa piété, de ses efforts pour rendre ses voyages utiles à son diocèse. Le Souve-

rain Pontife l’a honoré d’une manière spé-

ciale et s’est plu à satisfaire tous ses pieux désirs.

C'est dans l’un de ces voyages, en mil huit cent cinquante-quatre, qu'il composa un ouvrage sur le “ Cérémonial des évêques, ’ d’après les usages et traditions de l'Eglise de Rome. Cet ouvrage lui valut les félicitations les plus vives de la part du Souverain Pontife et de plusieurs des pre-

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miers personnages de la Cour Romaine.

Il avait déjà fait un traité sur ces questions, lorsque les Pères du premier concile de Québec avaient résolu d'adopter la liturgie romaine.

À son retour, en milhuit cent cinquantesix, après deux années d'absence, il entreprit d'introduire dans son diocèse les rites et coutumes de cette liturgie. Le peuple, qui tenait à ses vieilles cérémonies françaises, sen sépara avec regret et fit entendre des murmures ; mais la tempête fut courte, on finit par se soumettre de bonne grâce aux réformes voulues par l’évêque ; on s’est même habitué au collet romain et à l’absence du crucifix sur le banc d'œuvre.

L'épiscopat de Mgr. Bourget, depuis 1852, a été marqué par des évéements importants ; c’est l'époque de ses épreuves et de ses luttes.

Outre la question de. la liturgie, il s’en est soulevé plusieurs autres qui ont vivement passionné l'opinion publique.

Le huit juillet mil huit cent cinquante.

deux, la cathédrale et le palais épiscopal, l’un des plus beaux édifices de Montréal, construit depuis un an, devenaient la proie des flammes, dans cet incendie lamentable qui dévora une partie considérable de la ville. Lorsqu’il fut question de rebâtir la cathédrale et l’évêché, les difficultés s’élevèrent entre l’évêque et les citoyens du quartier St. Jacques. Il souriait assez à Monseigneur d'aller s'établir sur le plateau situé au coin des rues St. Denis et Sherbrooke, où on lui offrait un magnifique terrain ; mais n'ayant pas trouvé les avantiges qu’on lui donnait satisfaisants, en vue des projets qu’il entretenait au sujet de la future cathédrale, il alla se fixer au Mont St. Joseph, où il bâtit provisoirement une chapelle et un évêché.

Il est naturel que la population canadienne-française ait vu avec peine son évêque bien-aimé s'éloigner d'elle; mais les événements donneront raison à l’évêque

avant longtemps, peut-être. La cathédrale, destinée, dans la pensée de Monseigneur, à être le plus beau monument religieux de l'Amérique, sera au centre de la population catholique de Montréal.

Puis est venue la fameuse question de l'Institut-Canadien, qui, après avoir parcouru plusieurs phases, a atteint son zénith dans l'affaire Guibord.

Que la minorité ait bien fait de laisser l’'Institut-Canadien, c'est douteux ; elle aurait dû rester là et lutter vaillamment, au lieu de laisser le terrain à la merci des mauvaises influences ; elle aurait dû chercher à réformer et non pas détruire une institution nationale pleine de souvenirs patriotiques. Mais une fois la séparation

faite, une fois connu et constaté que

l'Institut-Canadien avait des livres dangereux pour la jeunesse, celui qui, dans ce diocèse, a reçu la mission et fait la promesse de veiller sur les âmes confiées à ses soins, pouvait-il s'abstenir ?

A ces brûlantes questions est venue se joindre celle plus importante encore du démembrement de la paroisse de Montréal.

Ici, c'est l’évêque contre le Séminaire et le gouvernement. Croyant que, dans l'intérêt de la population catholique de Montréal, il était opportun de diviser la paroisse de Montréal, Monseigneur entreprit de le faire. Le Séminaire, qui possède de par la loi et les autorités ecclésiastiques, depuis un temps immémorial, le titre et les droits de curé de la paroisse de Montréal, et qui croyait répondre suffisamment aux besoins de la population catholique en établissant des succursales, soumit au Souverain Pontife les objections qu’il avait à se soumettre à tous les désirs de l’évêque. Plusieurs de ces objections furent maintenues, d’autres furent écartées, il y eut même des concessions de part et d’autre, et finalement un décret intervint autorisant l’érection canonique de nouvelles paroisses, à la condition

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