‹ Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec [microforme]Chapitre 10 sur 22 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

| Voyage de Mgr de Laval en France.—Erection de l’E-

vêché de Québec, du Conseil Souverain.—Retour au Canada.—Fondation du Séminaire.

La grande sollicitude de Mgr de La-

| val pour son Eglise, les besoins extrêmes | de cette Eglise naissante, la nécessité | de l'érection à Québec d’un évêché, d'un | chapitre, d’un séminaire,en même temps que l'établissement d’un Conseil souve- | rain au civil, l’engagèrent, en 1662, à | entreprendre un voyage d'outre-mer.

Le digne prélat reçut à la cour de

| Louis-le-Grand, les honneurs dûüs à sa | naissance, à ses éminentes vertus, à ses D travaux et au prestige alors attaché à une mission au-delà des mers. Le roi de France qui, sous les humbles habits | du misssonnaire, avait su reconnaître

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l’illustre vontife, l’honora d’une attention toute particulière. Approuvant les vues élevées de Mgr de Laval, il leur donna sa royale sanction.

C’est ainsi que le monarque permit l’établissement à Québec d’un évêché dont il le nomma le premier évêque, et dont il fit solliciter les bulles d’érection par son ambassadeur à Rome. La fondation d’un séminaire reçut également

son approbation, ainsi que toutes les me-

sures qui lui furent soumises par l’évèque du Canada.

Queile ne dût pas être la joie du zèlé

prélat en entrevoyant la réalisation prochaine de ses plus chers projets ! Aussi, plus touché des heureux fruits de son voyage à Paris, que des honneurs dont on l'y avait comblé et des brillantes promesses d'avenir qu'onluiavait faites s’il eût voulu rester en France, Mgr de Laval fit voile pour le Canada, pendant les fêtes de la Pentecôte, de l’année 1668. Il

était accompagné de troupes envoyées.

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à Québec et de cent familles françaises destinées à peupler le pays. Ces familles furent accordées à la Nouvelle-France, par le roi, à la demande de Mgr de Laval. Il ne faut pas oublier le Cheva-

lier de Mézy, qui venait à Québec pour

y remplacer le baron d’Avaugour, comme gouverneur de la Nouvelle- M. de Mézy était bien connu du prélat qui avait partagé jadis avec

luila touchante hospitalité de M. de | Bernières, à l’Hermitage de Caen. Aussi | l'évêque l’avait-il hautement recom-

mandé à Louis XIV, comme parfaite- | ment qualifié par ses vertus et ses L talents, pour gouverner avec sagesse la | colonie naissante du Canada.

Une épidémie désastreuse qui sévit parmi l’équipage, pendant la traversée,

rendit le retour de Mgr de Laval exces- | sivement pénible.

Atteint lui-même du scorbut, l’évêque de Québec se mul-

| tiplia auprès des malades et des mou-

rants. Non content de prodiguer à

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tous le secours du ministère le plus paternel, il s'imposa même des privations personnelles, en abandonnant à ses compagnons toutes les douceurs qu'on avait embarquées, pour tempérer les excessives fatigues de ce long voyage.

Une fois réuni à sa chère Eglise, Mgr de Laval hâta l’accomplissement des différentes mesures qu’il avait proposées au roi. Malheureusement le despotisme religieux de Louis XIV et le gallica-

nisme deson Parlement entravèrent les

desseins du pieux évêque.

Ainsi ce ne fut que le ler octobre 1674, que le siège épiscopal de Québec fut canoniquement érigé.

Le but de Mgr de Laval en demandant l'érection de cet évêché était de soustraire le pouvoir religieux du Canada à :a dangereuse pression de la puissance civile, comme en le constate par les lignes suivantes d’une de ses lettres à la Propagande.

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‘“ J'ai appris par une longue expérience combien la condition du Vicaire Apostolique est peu assurée contre ceux qui sont chargés des affaires politiques.

Je veux dire les officiers de la cour, émules perpétuels et contempteurs de la puissance ecclésiastique, qui n’ont de plus ordinaire à objecter que l'autorité du Vicaire Apostolique est douteuse et doit être restreinte dans de certaines limites. ”

C'est grâce aux instances et aux persévérants efforts de notre premier pasteur que le Siège de Québec devint aussi indépendant qu’il pouvait l'être de la Cour de France, et que sa dépendance immédiate de Rome fut main-

tenue.

Mgr de Laval avait le plus grand respect pour le Souverain Pontife et pour l'Eglise Romaine. Il écrivait trèssouvent au Saint-Siège, pour consulter ou pour envoyer des rapports détaillés

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