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sur l’état de son église du Canada Ce fut surtout en refusant plus tard d’assister au conseil supérieur pour l’enrégistrement des quatre articles qu'il fit voir combien il était éloigné des idées gallicanes. ‘“ C’est un honneur, a dit M. le Grand Vicaire Legaré, d’avoir su se dérober quand il le fallait, à l'immense ascendant que le génie de Bossuet exerçait sur le clergé de son siècle. La cause de la vérité triompha sur l’estime que l’on portait à cette grande lumière, obscurcie un instant et comme couverte d’un nuage. ”
Le pays est encore redevable à Mer de Laval de la création d’un conseil souverain. (C'était là, comme on l’a vu plus haut, l’un des buts de son voyage en France et la preuve de sa grande sollicitude pour tout ce qui touchait aux intérêts de la colonie.
Mais l’œuvre fondamentale de Mgr de Laval, celle qui, suffirait à immortaliser son épiscopat et qui redit encore
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son nom à toute l'Amérique du Nord, fut sans contredit le séminaire de Québec. Latour dit que ce fut ‘“ le chef-d'œuvreet l'ouvrage favori de ce saint Prélat.”
En l’établissant par son mandement du 26 mars 1663, Mgr de Laval s’appuie sur le concile de Trente et sur l'exemple de saint Charles Borromée.
Il veut que son séminaire “serve de “clergé à cette nouvelle église; on “y élevera et formera les jeun: ; clercs ‘ qui paraîtront propres au service de “ Dieu. nous désirons que ce soit une “ continuelle école de vertu et un lieu ‘“ de réserve, d’où nous puissions tirer “ des sujets pieux et capables pour les “envoyer à toutes rencontres, et au ‘“ besoin dans les paroisses, et tous “autres lieux du dit pays, afin d'y “faire les fonctions curiales..… et les “ retirer des mêmes paroisses et fonc- “tions, quand on le jugera à propos...
Comme on le voit, tous les curés étaient amovibles, et d’après le mandement, ils
en D appartenaient au séminaire, qui recevant toutes les dîimes, se chargeaient de leur subsistance et était obligé de les assister en santé et en maladie.
L’intention de Mgr de Laval était de faire de tout son clergé une famille dont il fût le père. Aussi l’appelait-il “ la sainte Famille des missions étrangères.”
Le 30 décembre 1668, le séminaire devint propriétaire du terrein qui environnait la cathédrale, et trois ans plus tard Mgr de Laval acheta de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, un emplacement de 16 arpents situé dans un des plus beaux endroits de la ville. C’est là qu'il fit construire son séminaire qui fut d’abord une grande maison en bois ; sur la porte on lisait “$, M. E.'’—séminaire des missions étrangères. Le séminaire de Québec était agrégé à celui des missions étrangères de Paris; cette union fut faite en 1665, renouvelée en 1675, et confirmée par le roi en 1676.
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Jusqu'en 1668, on se borna à former aux fonctions ecclésiastiques les jeunes gens qui avaient étudié chez les Jésuites ou qui arrivaient de France suffsamment instruits. Mais bientôt il fallut songer à fonder un petit séminaire, et Mgr de Laval, toujours confiant en la divine Providence, n’hésita pas à en faire l'ouverture le 9 octobre de cette année. On accommoda une vieille maison
achetée de madame Couillard, et on y
logea les élèves dont le séminaire payait la pension chez les Jésuites. Cependant, vu le petit nambre de professeurs disponibles, les enfants continuèrent de fréquenter les classes des Réverends Pères.
Huit jeunes hurons et huit jeunes canadiens furent les premiers élèves du petit séminaire de Québec. Voici ce que dit Mgr de Laval dans une lettre qu'il écrivait, le 3 novembre 1668, à M.
Poitevin, curé de St-Josse, à Paris :
Comme le roi m’a témoigné qu'il sou-