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haitait que l’on tâchât d'élever à la manière de vie des français, les petits enfants des sauvages, pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un séminaire où j'en ai pris un nombre à ce dessein ; et pour y mieux réussir, j'ai été obligé d’y joindre de petits français, desquels les sauvages apprendront plus aisément et les mœurs et la langue, en vivant avec eux. ”
Cependant l’évêque ajoute plus loin que le succès de cette entreprise lui paraît fort douteux, et l'avenir justifia ses prévisions. En effet, les efforts réunis des instituteurs vinrent se briser contre l’indolente nature desélèves, qui avaient plus d’aptitudes pour la chasse et la pêche que pour les éléments de la grammaire, et il fallut bientôt renoncer à l’idée d’avoir des élèves parmi les sauvages. Ainsi se manifestait ce jugement exquis, cet esprit de pénétration qui caractérisaient à un si haut dégré le premier évêque du Canada.
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Dans le même temps, Mgr de Laval fondait un autre collége sur la Côte de Beaupré, à St-Joachim Cette institution destinée aux enfants des paysans, avait pour but d'enseigner les éléments de la grammaire et du calcul, et de former les élèves à différents métiers, mais surtout à l’agriculture. Les besoins de la colonie, à cette époque, disent assez l'utilité de la nouvelle maison fondée par Mgr de Laval.
Avec l'instruction, on y puisait aussi le courage et la valeur qui font les héros, témoins les prodiges de bravoure des élèves de St-Joachim, pendant l’attaque des Anglais en 1690.
Après la mort de son fondateur, cette maison, privée de tout secours, ne fit que languir jusqu’en 1715, et alors elle fut complètement abandonnée. L'évêque songea aussi à faire deux autres établissements au Chateau-Richer, l’un pour les sœurs de la congrégation, l’autre pour un collège qui, à cause de la
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proximité de la ville, aurait remplacé celui de St-Joachim. Le second incendie du séminaire de Québec en 1705 et le décès du prélat en 1708 empêchèrent de songer à réaliser ces projets ; les fondations de ces édifices sont encore visibles près de l’église du Chateau-Richer.
Mgr de Laval avait donné pour ainsi dire toute son âme à l’œuvre de son séminaire, il lui donna aussi sa fortune et lui légua la seigneurie de Beaupré, l'Ile Jésus, la seigneurie de la Petite Nation, et tous ses meubles, livres etc, et arrérages de rentes qui se trouveraient en sa possession au moment de sa mort.
En 1678, la grande maison en bois bâtie en 1666 fit place à un nouvel édifice en pierre, l’un des plus beaux du pays, et capable de loger tous les élèves du grand et du petit séminaire.
L'Evêque demeurait aussi avec tous ses prêtres dans ce séminaire qu'ilavait fondé. ‘ Rien, dit l’histoire manuscrite
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du séminaire de Québec, ne reprisente mieux la primitive Eglise que la vie de ce clergé. Ils n'étaient tous qu’un cœur et qu’une âme sous la conduite de Mgr de Laval. Ils ne faisaient qu’une seule famille dont il était le père.
Biens de patrimoine, bénéfices simples, pensions, présents et honoraires, ils mirent tout en commun. Monseigneur de Laval ne faisait rien de considérable que de concert avec tout son clergé ; ses biens étaient aussi en commun. Il n'y avait ni riches, ni pauvres, ils étaient tous frères. ”
Fondée par un saint, habitée par des ecclésiastiques qui rappelaient les vertus des premiers chrétiens, une telle maison ne pouvait manquer d'attirer sur elle les plus précieuses bénédictions du ciel. Aussi serait-il difficile de dire tout le bien qu'a fait et fait encore le séminaire de Québec dans le Canada et l’on peut dire dans toute l'Amérique Septentrionale L'arbre planté par Laval
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Lo a grandi, arrosé par bien des larmes, li ses rejetons sont vigoureux, et il peut | aujourd'hui convier tous les enfants du pays à s'asseoir à l'ombre de ses branches et à se nourrir de ses fruits.
Montréal avait aussi son séminaire commencé par M. l'abbé de Queylus et M. l'abbé Drouart, tous deux prêtres de Saint-Sulpice. L'histoire de l’Hôtel- Dieu de Quéhec dit que “ cette nouvelle maison a été soutenue depuis par les sujets que le séminaire de Paris lui envoie tous les ans, qui édifient le peuple
COL par leurs vertus, qui l’aident et le con- au solent par leurs instructions et qui le de soulagent par les abondantes aumônes lié qu'ils répandent dans toute l'étendue ses de cette île. ” Cornme on le voit, les sen sulpiciens d'alors étaient bien ce qu’ils pro sont aujourd'hui ; ils ont fait pour Æ que Montréal ce que les prêtres du sémi- Æ 5és aire des Missions Etrangères ont fait cler
pour Québec.
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