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M. de Mézy fut remplacé par M. de Tracy, qui arriva à Québec le 30 juillet 1665, en qualité de Vice-Roiï. Il était accompagné du régiment de Carignan, troupe d'élite qui se fixa au pays-et d'où plusieurs de nos bonnes familles canadiennes tirent leur origine.
Il fit oublier à Mgr de Laval les persécutions de son prédécesseur. D'une piété égale à sa bravoure, il protégea la religion et prêta l’appui de son autorité | à l'évêque, comme à ses ministres.
Pendant son séjour un grand nombre d'abjurations eurent lieu dans la cathédrale. Spectacle touchant qui dut faire verser d’ahondantes larmes à l’évêque Let à toute l'assistance. Voici l'acte | d'une de ces abjurations, tel que nous | le trouvons dansun précieux régistre :
“ L'an de grâce seize cent soixante et | cinq, le huitième jour d'octobre, Isaac | Berthier, capitaine au régiment de l'Allier, de la paroisse de Bergerac en
l'avait confessé et réconcilié avec Dieu.
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Périgord, diocèse de Périgueux, a fait abjuration solennelle de l’hérésie de Calvin, dans l’église paroissiale de Notre-Dame de Québec, entre les mains de Messire François de Laval, évêque de ‘Pétrée, Vicaire Apostolique, en la Nouvelle-France, et nommé par le roi, premier évêque du dit Pays. En présence de Mgr de Tracy, gnal des armes du Roi en toute l'Amérique du Nord, de Mons. de Courcelles, gouverneur pour le Roi en ce pays, de Mons. Talon, Intendant pour Sa Majesté au dit pays.
François, évêque de Pétrée.”
On se servait de la formule suivante pour chaque abjuration :
“ Au nom du Père, du Fils et du St- Esprit.
“Je N. N. ayant reconnu par la grâce de Dieu, la vérité de la foi Catholique, Apostolique et Romaine et étant dûement instruit de ce qu’elle contient et enseigne, je proteste publiquement, en présence de Dieu, de la Très Sainte
a fait le de e de mains vêque en la le roi, n préarmes Nord, erneur
Talon,
Vierge, de tous les saints, de vous, mon Père, et de tous ceux qui sont icy présents et que ie prends à témoins que ie renonce à toute hérésie, et particulièrement à celle de la religion prétendue reformée dans laquelle iay vecu iusquesà maintenant et que ie consens librement et adhère volontairement à tout ce que la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine croit et enseigne. J'en fays profession de cœur et de bouche et promets de la garder et suivie sincèrement et inviolablement iusques à la mort, croyant fermement
| que hors d’icelle, il n’y a point de salut.
Ainsi ie l’assure et le iure sur les saints.
| Evangiles.”
Une autre solennité non moins impo-
g sante et qui pour la population cana--
dienne avait tout le prestige du nou-
| veau, fut l’ordination du premier prêtre canadien. M. Germain Morin, que nous
avons nommé plus haut reçut l’onction sacerdotale le 19 septembre 1665.
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Les cérémonies à la cathédrale étaient déjà, à cette époque, très-imposantes.
Mgr de St Valier en fut émerveillé en 1685. À part les chanoines, on voyait au chœur soixante enfants, qui portaient en hiver une soutane et un camail rouges, avec un surplis ordinaire ; l'été Le camail était remplacé par un bonnet carré.
Mgr de Laval qui désirait suivre en tout la direction de Rome avait dès son arrivée, prescrit l'usage du rituel Romain dans tout son diocèse.
En 1666, on fit la translation solennelle des reliques des saints martyrs Flavien et Félicité, don du pape à Mgr de Laval, en 1662, et qui aujourd'hui encore sont enchâssées dans le maîtreautel de la basilique.
Dans uñe lettre à son fils, la Mère de l’'Incarnation décrit ainsi cette fête magnifique :
‘ [l ne s'était pas encore vu dans ces contrées, une si belle cérémonie. Il y
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avait à la procession, quarante sept ecclésiastiques en surplis, chapes, chasubles et dalmatiques. Comme il fallait porter les reliques dans les quatre églises de Québec, nous eûmes la consolation de voir cette imposante cérémonie.
M. de Tracy, vice-roi, M. de Courcelles, gouverneur, avec les deux plus considérables de la noblesse, portaient le dais. Les plus élevés en dignité d’entre ies ecclésiastiques, portaient les quatre grandes chasses sur des brancards
magnifiquement ornés. La procession sortant d’une église y laissait une chasse. La musique ne cessa point, tant dans les chemins, que dans les
stations. Monseigneur suivait les saintes reliques et la procession, en habits pontificaux. Je n'aurais jamais espéré de voir une si grande magnifcence dans l’église du Canada, où quand je suis venue, je n'avais rien vu que d’inculte et de barbare. C’est une chose
ravissante de voir M. de Tracy dans une
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