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leur naissance, leurs talents et leurs vertus. L'un d'eux, M. de Maizerets, suivit Mor de Laval au Canada, où il le seconda merveilleusement en tout.
Plus tard, on retrouve ce groupe d'élite chez M. de Bernières, de Louvigny, trésorier général à Caen, la congrégation de Paris ayant été dissoute par les événements politiques qui agitaient alors la capitale. L'Hermitage, comme on appelait la maison de M. de Bernières, devint une sorte de cénacle, où s’'épanouirent, comme dans un jardin merveilleux, les fleurs de toutes les vertus. Là, Dieu, la science, la charité, se partageaient tous les instants. Qui dira les oraisons, les jeûnes, les macérations les veilles, les travaux intellectuels du futur apôtre, pendant les quatre années de son séjour dans cette demeure bénie ?
Un attrait également puissant le poussait vers les œuvres de miséricorde corporelle. C’est ainsi qn'il surpassa
tous ses émules au nombre desquels se trouvaient MM. de Mézy, Dudouyt et de Maizerets, dans le zèle qu’il déploya en faveur des malades de l’Hôtel-Dieu.
Lui, le rejeton d’une famille illustre, se faisait, à l'instar de St François-Xavier, le serviteur de ces malheureux, auxquels il rendait les services les plus abjects. “On l’a vu de plus, dit l’auteur des Mémoires de la Vie de Monseigneur de Laval, faire plusieurs longs pèlerinages, à pied, sans argent, mendiant son pain, et cacher à dessein son nom, afin de ne rien perdre de la confusion, d'1 mépris et des mauvais traitements ordinaires dans ces occasions et qui ne lui furent pas épargnés. Il s’en félicitait comme les apôtres, et remerciait Dieu d’avoir quelque chose à souffrir pour son amour. ”
Quelques unes des œuvres de l’abbé de Montigny revêtent, dès cette époque, un caractère de publicité : témoin la réformation des Hospitalières de Caen,
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qui s'étaient départies de leur sévérité primitive et dont il fut nommé directeur. Il entreprit, dans l'intérêt de ces religieuses, un voyage à la cour qui le fit apprécier de la reine Anne d’Autriche, régente du royaume.
Comme dès l’année 1651, on parlait d'envoyer un évêque dans la Nouvelle- France, il ne faut pas s'étonner si M. de Laval, une fois connu, réunit tous les suffrages. Son courage, son zèle tout apostolique, son culte pour la pauvreté évangélique, ne le mettaient-ils pas à la hauteur de la position à la fois pleine d'honneur et de difficultés qu’on lui offrait, et n’expliquaient-ils pas l’insistance qu’on mit à la lui faire accepter ?
Cependant la perspective de cette dignité redoutable effrayait son humilité. Unautre, selon lui, était plus apte aux fonctions sublimes de l’épiscopat.
Partir pour le Canada en qualité de simple missionnaire, voilà où se bornait son ambition. Dieu ayant cependant
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parlé clairement au cœur de M. de Laval, par la bouche de M. de Bernières, la reine ayant elle-même ex rimé le désir qu'elle avait de sa nomination, il finit par accepter la sublime dignité qu'on lui proposait.
Préconisé au mois de mai 1658, l’abbé de Montigny reçut d'Alexandre VII, les bulles qui le faisaient évêque de Pétrée (Petra en Arabie) in partibus infidelium, et Vicaire Apostolique de toute la Nouvelle-France.
Enfin le 8 décembre 1658, le nonce du Pape, assisté de l’illustre Abelli, évêque de Rhodez et de M. du Saussai, évêque de Toul, le sacrait évêque, dans l’église abbatiale des Bénédictins de Saint-Grermain-des-Prés, à Paris M. de Laval n'avait alors que trente cinq ans.
Il serait trop long d’énumérer ici les obstacles et les contrariétés que le nouveau titulaire eut à subir, avant son départ pour le Canada. Nous devons nous borner à dire que ces épreuves
venaient de l’Archevêque de Rouen, lequel soutenu par le parlement de sa ville épiscopale, cherchait à priver le jeune évêque de sa juridiction, et allait même jusqu'à envoyer au Canada, M.
de Caylus, en qualité de Grand-Vicaire Métropolitain.
Mgr de Laval était au-dessus de ces difficultés. Son devoir ne lui montrait qu'une autorité : celle du Pape. Fort de ce suprême appui, il s’embarqua pour sa nouvelle patrie, le jour de Pâques, 1659. Accompagné de MM.
Ango de Maizerets, de Torcapel, Pelerin et de Bernières, neveu du trésorier, et du Pére Jérôme Lallemant, jésuite, le prélat arriva, sain et sauf, le 16 mai 1659, devant l'Ile Percée, à l'entrée du fleuve St Laurent.