‹ Monseigneur Déziel [microforme]Chapitre 19 sur 44 · VOUE · texte numérisé non relu

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L’instruction à la Pointe de Lévi.—Fondation du collège de Lévis.—M, l'abbé Jean.—Les Frères de la Doctrine Chrétienne, —Le séminaire de Québec.—Incorporation du collège. —Afiliation à l’'Université-Laval.—M. l'abbé Sauvageau.

La paroisse de Notre-Dame de la Victoire vient de prendre place au calendrier. L'enfant est né : il lui faut maintenant grandir et se développer. Dans les flots des fidèles qui se pressent sous les parvis du nouveau temple, il y a toute une génération à former, à instruire et à éclairer. La nourriture de l’âme n'exclut pas le pain de l'intelligence,

Deux édifices doivent dominer la paroisse : l’église et l’école, L'une et l’autre s’entr'aident. La foi et la science sont deux sœurs amies ; elles ne doivent pas se faire la guerre dans le sein qui les porte, comme Esaü etJacob. Les portes hospitalières d’un presbytère canadien sont toujours grandes ouvertes pour recevoir ces deux enfants de Dieu.

Le curé Déziel avait compris toule la grandeur de la mission qui lui était confiée. Dieu lui souffla l'esprit des illustres fondateurs dont les noms brillent dans les pages glorieuses de notre histoire.

‘ Quiconque n’a pas la flamme apostolique, le sentiment paternel au cœur, disait un éminent évê. que, qu’il se retire. Il pourra remplir dans la société humaine des fonctions importantes, faire même des

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œuvres admirables mais l’œuvre de l'éducation n’est pas son œuvre.”

Cette flamme apostolique, ce sentiment paternel: M. Déziel en était pénétré, et voilà pourquoi le même souffle qui avait fait surgir le temple, couvrit les hauteurs désertes de Lévis de surperbes monuments élevés à la gloire de la science. Le curé Déziel prit possession au nom de Dieu de l’éducation de la jeunesse, Parlant plus tard de la part qu’il prit à la fondation du collège et du couvent, il disait : En voyant l’esprit du mal s’acharner à enlever au prêtre l'âme de l'enfant, je me hâtai de prendre position aux avant-postes.

La première pierre de l’église de Notre-Dame de la Victoire était à peine jetée en terre que déjà le curé Déziel rêvait d'élever une maison d’éducalion. On peut dire que la fondation du collège de Lévis coïncide avee celle de la paroisse.

L’Abeille du 16 janvier 1851 fait déjà connaître la pensée de M. Déziel, lorsqu'elle écrivait : ‘ On dit que le curé de la Pointe-Lévis se propose d’ériger un collège, près de la nouvelle église maintenant en construction sur les hauteurs en face de la ville. Le cours d’études sera un cours complet de cinq ans. On se bornera pour l’enseignement des langues à celui de l’anglais et du français.

De son côté, le Canadien de la veille, sous le titre Nouveau collège, disait :

Nousavons le plaisir d’annoncer que M. le curé de la Pointe-Lévis, aidé d'une bonne partie de Ia paroisse, se propose d’ériger un collège près de la nouvelle église maintenant en construction sur les hauteurs en face de la ville. Ce collège est destiné à remplir une lacune qui existe dans notre système d'instruction secondaire. Le cours d'étude sera un cours com-

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mercial de cinq ans. On se bornera, pour l’enseignement des langues, à celui de l'anglais et du français. La situation est admirable pour un établissement de ce genre. Par sa proximité de la ville, beaucoup de gens pourront aller y puiser une instruction commerciale qu'on ne pourrait pas leur donner dans nos maisons d'éducation où l’on enseigne les hautes sciences et les langues mortes,

L’instruction primitive à la Pointe de Lévi est un peu celle qui fut donnée dans toutes les campagnes du Canada. Dans les commencements,les maîtres d'école étaient rares. Les curés, obligés d'exercer leur apostolat dans une paroisse immense, consacraient leurs veilles à former lesprit des enfants les plus intelligents. C'était la seule planche de salut pour ceux qui tenaient à honneur de signer leurs noms.

En 1825, les conquérants, pleins de sollicitude, gratifièrent les paroissiens de la Pointe de Lévi d’une école de Pinstitution Royale. Comme Mgr Plessis s’opposait énergiquement à ces écoles destinées à angliciser les populations, ce grain de senevé tomba sur une terre aride. La loi de 1841 portant création d’une école primaire dans chaque paroisse ne fut pas plus heureuse à Lévis, vu que lord Sydenham avait jugé à propos d'y installer un anglais comme haut commissaire, C’est à cette date que les curés de Saint-Joseph commencèrent des écoles régulières sous leur contrôle. En 1846, la statistique donne pour la Pointe-Lévi 10 écoles et 396 élèves ; en 1847 : 11 écoles et 529 élèves ; en 1849 : 18 écoles, 639 élèves. C’est le curé Déziel qui mit en opération la loi scolaire de 1845-46. Les paroissiens le secondèrent avec un entrain digne d’éloges.

L'année même où Mgr Turgeon autorisait, par un décret daté des Eboulements, la construction d’une église succursale sur les hauteurs de Lévis, le gou

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