— XV
déposées dans le sein des pauvres ? Qui ne sait que Mgr Déziel n'avait rien à lui, et qu'il mourut comme doit mourir un saint prêtre, pauvre et détaché de tout ? Vous parlerai-je des fruits produits par le spectacle de ses vertus? Des passions contenues par l’exem ple de son austère tempérance et de son inviolabie modestie ? Qui pourrait jamais compter le nombre des àmes qu’il a sauvées par ses messes saintement célébrées, par cette prière liturgique, cette récitation du breviaire, dont il s’acquittait avec tant de dévotion, par toutes ces oraisons ferventes et ces exercices de pièté accomplies saintement, qui le faisaient citer comme un modèle aux Séminaristes de l’archidiocèse par un illustre prédicateur de retraite ? Qui pourrait savoir ie nombre d'âmes qu’il a attirées à Dieu par sa douceur paternelle, par son hospitalité vraiment chrétienne, par Le bonne odeur de Jésus-Christ qu'il répandait partout? Et si nous passons aux œuvres extérieures, quelle vie d'homme et d’apôtre fut jamais plus remplie que la sienne? Eglises à construire, plus vastes et plus magnifiques les unes que les autres. Institutions à créer pour l'éducation de la jeunesse, pour le soulagement des pauvres et des orphelins. Paroisses à fonder ; * Car, le disiez-vous aux solennités du cinquantenaire, bientôt l’étroite enceinte déborde ; la jeune épouse devenue mère ne suffiit plus à abriter sous ses ailes tous ses enfants. Et c’est alors qu’elle voit s'élever à ses côiés, née de son souffle et de son amour, une fille belle comme elle, et riche comme elle de fécoudité, d'espérance et d’avenir.”
Mais il ne faut pas, mes frères, qu’en faisant l'éloge du pasteur et du fondateur, j'oublie celui des ouailles et des coopérateurs. L'apôtre à qui Jésus-Christ a commandé de porter des fruits peut être comparé au semeur de l'Evangile qui sortit pour aller ensemencer sa terre, Une partie de la semence tomba le long du chemin, et les oiseaux du ciel viurent et le mangèrent ; une autre partie tomba sur le roc, où il y avait peu de lerre, leva aussitôt et fut desséchée par le soleil, une autre tomba dans les
épines et fut étouffée, une autre enfin tomba dans une bonne terre, et les grains donnèrent leurs fruits ; l’un cent, l’autre, soixante, l’autre, trente pour un. Vous êtes, mes frères, ce sol fertile sur le quel est tombé le grain du semeur, Vous avez rendu au centuple, vous avez porté avec lui les fruits du zèle, vous avez fait fructifier ses sueurs apostoliques. Ecoutez plutôt la voix de votre pasteur lui-même, au jour de ses noces d’or, vous le redire en termes de reconnaissance :
‘ Cette église.élevée sur un roc solitaire,mais dont la fermeté semble reproduire celle de l'Eglise universelle, cette eglise, comment a-t-elle pu surgir ainsi du désert toute rayonnante de fécondité et de vie? Comment sont venus se grouper autour du foyer de la lumière et de la force, ces asiles où la jeunesse puise les leçons de la science et de la vertu, où la vieillesse et l’infirmité prient et espèrent en attendant le jour de la délivrance ? Ces mo numents ne sont-ils pas dus au zèle des ouvriers qui ont travaillé de concert avec leur chef de manœnvre sous la direction du Christ, vrai Salomon de la Nouvelle Loi ? Oui, le temple de Lévis a trouvé, lui aussi, des Hirams et des Reines de Saba pour apporter à sa construction les richesses des pays lointains. Il a vu se renouveler ces merveilles de foi et de générosité qui sont la gloire du moyen âge. Le génie créateur qui est nécessaire pour la réalisation des grands projets, c'est le souffle de l'Esprit Saint qui, inspiraut à l'âme des fidèles le zèle de la maison de Dieu, leur a tait faire des prodi: ges de dévouement et de charité, À vous donc, après Dieu, et non pas à moi, la gloire ds ces monuments qui immortaliseront Lévis. Un grand orateur catholique disait récemment que le chavalier de Lévis ne s'était jamais laissé vaincre en bravoure, et moi je dis que les fils de Lévis ne se laissent jamais vaincre en générosité.”
Notre Seigneur termina ses instructions aux apôtres en disant : Æt fructus vester maneat. Pour traiter la réalisation de ce point du programme de
lans aits ; ‘un, quel u au zèle, [ues.
me, ‘mes
dont uniirgir idité | ausiles de la espèmo s qui uvre Nouauster à Ia rénerénie ition sprit zèle rodi:
onc, onuteur r de )Dure, L Ja-
aux >’our e de
Jésus - Christ à ses apôtres, il faudrait pouvoir plonger le regard dans l'avenir, et contempler la gloire de Lévis dans un âg: futur, Toutefois, sans être prophète, on peut déjà compter sur la stabilité des œuvres de Mgr Déziel, La stabilité, voilà encore un des caractères des œuvres divines, et en particus lier de l'Eglise de Jésus-Christ ; la stabilité, symbolisée par le roc, sur lequel elle est fondée, par Jésus-Christ qui en est la pierre angulaire, les Apôtres qui en sont es fondements, et Les fidèles qui en sont les pierres vivantes. Le ministre de Jésus-Christ qui accomplitses volontés peut compter sur la permanence et lPindestrnetibilité de ses œuvres. ‘Tout homme, dit Jésus-Christ, qui entend les paroles que je dis, et les accomplit, sera comparé à un homme sage, qui a bâli sa maison sur la pierre, et la pluie est descendue et les fleuves sont venus, et Les vents ont soufllé et se sont précipités sur cette maison, et elle n’est point tombée parce qu’elle était bâtie sur la pierre”. Le ciel et la terre passeront, mais la parole de Jésus-Christ demeure éternellement. Les œuvres de Mer Déziel dureront donc puisqu'il a entendu et accompli la parole de Jésus-Christ, Si tout être tend vers sa perfection et se conserve d’autant mieux qu'il se perfectionne d'avantage, nous avons dans le progrès des œuvres de Mgr Deziel une garantie de leur durée. Le monde, en effet, ou plutôt l’Église, est comme un vaste champ ou les semeurs etles moissonneurs se succèdent. C’est Pan! qui plante, Apollon qui arrose, et Dieu qui donne la croissance, Tant que l’église de Lévis sera fidèle à ses traditions, et se défiera de lPivraie des erreurs modurnes, elle aura toujours, comme eile a aujourd’'hui, des Pauls et des Apollons, pour la planter et l’arroser, et Dieu lui fera rendre au centuple.
Les œuvres de Mgr Déziel ont fait des progrés étonnants depuis leur fondation ; les germes de vie qu'il a laissés daus ce sol fertile ont rendu des fruits merveilleux. C’est la ville elle-mème avec ses termi ni de chemin-de-fer et ses nouvelles constructions civiques et industrielles; c’est Le couvent récem-
D NT So, D 0
Fo €