‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 115 sur 226 · Journal, 27 avril · texte numérisé non relu

Journal, 27 avril

2. C'est par erreur que nos premiers Missionnaires ont appelé le Yankee « Moresby ».

temps, à Thursday, des Missionnaires français qui désirent se rendre en Nouvelle-Guinée. Personne ne veut les conduire à cause d'une loi qui interdit tout service pour la grande île. Ils n'ont point de bateau. Vous en avez plusieurs. Mettez-en un à leur disposition. A'ous leur rendrez service et vous m'aurez été agréable. — Je vous le promets, Monseigneur. » Et le brave Yankee venait accomplir sa promesse. Ni le P.Navarre ni le P. Verjus n'en croyaient leurs oreilles. Que la Providence est admirable! Quelle joie! Et aussi quelle reconnaissance pour Yankee Ned et Mgr Hutchison !

Le capitaine demanda quelques jours pour réparer et approprier le bateau qu'il destinait aux Missionnaires. « Dans trois semaines vous l'aurez. » Cependant l'attente fut un peu plus longue. Au lieu de trois semaines il en fallut six. « Nous avions bien peur, écrit le P. Verjus ', que le brave marin, travaillé par ceux qui voulaient s'opposer à notre départ, ne se désistât ; mais, un beau matin, nous le vîmes arriver, triomphant. » — « Tout est prêt, nous pouvons partir... » Ainsi disait Mosby, le 18 juin au matin. Le soir du même jour, les chaudes ardeurs s'étaient refroidies, et Mosby tremblait. Que s'était-il passé? Malgré la bonne volonté de sir Douglas, le nouveau gouverneur de Thursday, qui avait du meilleur cœur souhaité mille prospérités aux Missionnaires, malgré l'autorisation verbale, plusieurs fois répétée, du général Scratchlez, le maître du port, un nommé Symer, s'opposa formellement au départ et menaça même de saisir le bateau de Mosby. Le P. Navarre l'entendit qui disait à Yankee Ned: «Vous êtes un insensé de prêter votre bateau à des gens qui ne vous paieront pas. — Peu importe », répondit Ned sur le même ton. On aurait pu partir sans prévenir les autorités. Un Missionnaire, envoyé par le Pape sur un point quelconque du globe pour y prêcher l'Évangile, n'a pas besoin d'autorisation humaine, il est vrai ; mais, comme après ce premier voyage, il faudra tou-

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