‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 122 sur 226 · Journal, 11 et 14 juillet · texte numérisé non relu

Journal, 11 et 14 juillet

RABAO 277

Ce fut dans l'une de ces journées qu'un coup de vent renversa le toit de leur cabane. Nul d'entre eux n'avait la force de réparer le dommage. Ils se mirent en prière pendant quelques instants. Bientôt des sauvages, sans en avoir été requis, arrivèrent avec des feuilles de bananiers qu'ils vendirent pour un peu de tabac, et raccommodèrent eux-mêmes le toit. Heureusement; car, cette nuit, la pluie fut abondante, et dans l'état de fièvre où ils étaient, que serait-il arrivé ?

Deux catéchistes noirs, protestants, Hénéré et Chima, eux aussi, furent bons pour les Missionnaires catholiques. Plusieurs fois ils les visitèrent et leur apportèrent des ignames et des patates. « Il me semble, écrit le P. Verjus dans son Journal1, que ces pauvres catéchistes sont plus à plaindre qu'à blâmer. Ils sont parfaitement ignorants, pour des maîtres d'école... Tout ce qu'ils ont enseigné jusqu'ici, c'est qu'il ne faut pas travailler le dimanche. »

Cependant, avec le second mois, toutes les provisions d'Europe furent épuisées. Il fallut décidément et tout à fait se mettre « à la sauvage ». Bananes le matin, bqnanes et patates à midi, bananes le soir. Et plût à Dieu que ce régime continuât! Mais, les objets de commerce qui leur servaient de monnaie s'épuisèrent à leur tour, et, comme les sauvages ne donnaient rien pour rien, les bananes elles-mêmes se firent rares.

Le P. Verjus montait souvent au sommet de la colline et il regardait du côté de la mer. Point de navire. Une fois, le cœur était plus triste et les pensées plus sombres. Le diable a tant fait, se disait le Père, pour nous empêcher d'aborder en Nouvelle-Guinée qu'il a sans doute résolu de nous faire mourir de faim. Il était perdu dans ces angoisses, quand une voile blanche se dessina dans le ciel. « Les larmes me vinrent aux yeux, écrit le Père. Mon émotion était grande. J'allais tombera genoux pour remercier Notre-Dame du Sacré-Cœur lorsque, regardant mieux

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