‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 129 sur 226 · Ibid., 27 septembre · texte numérisé non relu

Ibid., 27 septembre

mort. Qui sait? Il faut une victime pour que les Missions marchent1. » Même dans le détroit deTorrès, les chaleurs sont accablantes. La soif le dévore. « Bonne journée. Quelle soif! Mon Dieu, mettez dans mon cœur une soif aussi ardente de votre gloire et du salut des âmes 2. » — « Demain, c'est la Toussaint. Toute la journée, je penserai au Paradis... Quand arriverai -je ? Quam sordet terra3! » — «Mais je n'ai pas assez souffert. Encore, mon Dieu! Encore! Surtout, je vous en conjure, exaucez-moi complètement. Le martyre ! Il faut que je meure pour vous, puisque vous êtes mort pour moi4! » Et, en attendant l'immolation sanglante qui devient de plus en plus son idée fixe, il tâche de mourir peu à peu à lui-même par la charité, L'humilité* le détachement, l'abandon complet à la volonté de Dieu et à la conduite de son supérieur.

Ces mots-là, qui sont les divins vocables de la vie religieuse, nous ne les jetons point au hasard. A chacun d'eux correspondent, dans la vie du P. Verjus, des réalités. Souvent, il se reproche une impatience, une brusquerie avec les Frères coadjuteurs. « Ces pauvres enfants, dit-il, en sont plutôt découragés et excités que corrigés. Cela vient de mon amour-propre... Je laisse trop paraître sur mon visage les impressions de mon âme. Je vais travailler à cela. Mon Dieu, aidez-moi5. » Il aimait l'humilité comme on aime la vérité, comme on aime la justice. Qu'il ne fut bon à rien, sinon à entraver l'œuvre sainte dans son âme et dans les autres âmes, c'était chez lui conviction profonde. De là un désir aussi ardent que sincère de l'oubli des créatures et même de leur mépris. Il écrit le 31 décembre 1885 : « Une année de plus dans ma pauvre vie. Aux yeux des hommes, c'est une des plus pleines; mais, hélas! devant Dieu! Intuetur cor... Scrutans renés 6 ... Je

{. Journal, 4 novembre.

Page 1