‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 131 sur 226 · Journal, 215 septembre · texte numérisé non relu

Journal, 215 septembre

Cœur. Je relirai tout ce chapitre pour m'en bien pénélrer. J'ai si grand besoin de me détacher de moi-même et de tout, car mon cœur est comme un aimant ! Jésus suffit. Malheur à moi si son Cœur et sa Passion ne me suffisaient pas1! » Enfin, l'obéissance fait de lui une hostie. Il a besoin d'obéir. Il souffre d'être parfois obligé de se conduire lui-même. Il prie Dieu de lui faire sentir que la liberté, au sens humain, est une chaîne, et le joug du bon Maître un allégement et même une délivrance. Ce n'est pas lui qui alourdira jamais sur les épaules de ses Pères par des résistances ouvertes ou des oppositions sourdes, par des restrictions et des réserves, ce qu'il appelle « les croix du supériorat 2 ».

Assurément, et plus d'une fois, la prudence, les sages lenteurs et les hésitations bien naturelles du R. P. Navarre ont dû faire bouillonner dans ses veines ardentes, avec le sang fumeux du jeune homme, les impatientes ardeurs de l'apôtre. Il lui semblait qu'un jour de retard allait tout compromettre en Nouvelle-Guinée. Mais quand le supérieur avait parlé, l'humble religieux se soumettait, non pas d'une soumission morne et chagrine, mais affectueuse et filiale. Ecoutons-le : « Merci, mon Dieu, de tout cœur, de la nouvelle épreuve que vous m'envoyez. J'ai grande hâte d'aller en Nouvelle-Guinée, et je vois, à la tournure que prennent les choses, que nous devrons attendre jusjusqu'à mars et avril de l'année prochaine... J'adore, ô mon Dieu, votre sainte et toujours aimable volonté dans celle de mon vénéré supérieur, et, par devoir, par conviction, plus que par délicatesse, je prends la résolution de ne plus manifester ma peine de ne pas retourner dans notre chère Nouvelle-Guinée. Je n'en parlerai plus... Que je suis heureux d'être en religion! Merci, mon Dieu, de cette grande grâce dont je suis si indigne3! »

Quelques jours après cet acte de pleine soumission, le

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