‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 134 sur 226 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

on découvre sur la plage une vergue et la carcasse d'un bateau, épaves d'un naufrage récent.

Vers sept heures et demie, on repart. La chaleur est suffocante. Sans bouger, on est trempé de sueur. Une pluie froide survient. Point de vent et le courant contraire. Il faut se mettre à la rame. Le soir, on ancre sur un banc près de l'île Longue. « Bon repos sur le sabfeH. »

La journée du 29 se passa, comme la précédente, en des calmes désespérants et des courants opposés. A force de bras, on arriva le soir à Village-Island. Pour ne pas donner un surcroît de fatigue aux hommes qui n'en pouvaient plus, on coucha à bord. Vers minuit, l'équipage se réveilla en sursaut. Il y avait de la houle, et, à chaque secousse, le bateau heurtait contre un banc de corail. Force fut de se lever et de chercher ailleurs un meilleur ancrage.

Dès six heures du matin, en route vers la Nouvelle-Guinée. Un orage terrible se lève, avec toutes les apparences d'un typhon, et se brise non loin de la barque. C'était le samedi 30 janvier, jour de la sainte Vierge. « Notre-Dame du Sacré-Cœur nous protège », lisons-nous dans les notes du P. Verjus. Le lendemain, dimanche, on sera, chacun l'espère du moins, à l'île d'York, et le Père pourra dire la sainte messe. Déception. Le vent qui soufflait, tombe. Le courant entraîne l'embarcation. On a perdu la route.

Voici un banc où l'on atterrit 2. « Où irons-nous ? demande le P. Verjus en reprenant la mer le dimanche matin. Dieu seul le sait. Que sa sainte volonté se fasse! Nous prions de tout notre cœur 3. » Le vent est bon. On s'arrête à un banc de sable pour nettoyer le bateau, qui en a grand besoin, et chasser, car les provisions s'épuisent. On tue quelques oiseaux. On ramasse des œufs de tortue. De s'être égaré, le capitaine est morfondu et désolé. Le P. Verjus le réconforte et le console. On doit être près de l'île de Murray; et,

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