janvier
cette autre grande qu'on aperçoit au nord-nord-est, vraisemblablement c'est York.
En effet, le lendemain, 1er février, on était, après huit jours de navigation, chez Mosby. « N'allez pas croire, mon vénéré Père, écrit d'York le P. Verjus au P. Navarre, que nous soyons tristes. On fait de nécessité vertu... et l'on s'instruit quand même. Nous avons touché à peu près toutes les îles du détroit ; je crois les connaître toutes avec leurs bancs et leurs signes caractéristiques. Tous les soirs, sauf une fois, nous avons couché à terre sous la tente. Frère Giuseppe allait à la chasse, les hommes à la pêche, et la Providence nous pourvoyait abondamment. Nous avons dû manger des poissons et des coquillages de toutes sortes, de toutes couleurs et de toutes grandeurs. Les provisions de voyage étaient épuisées. Les marins en avaient fort peu, mais le bon Dieu pourvoit toujours. Rien de plus doux que de se sentir ainsi, tout à fait, en tout et partout, entre ses mains1. »
Le capitaine Mosby a reçu à bras ouverts les pauvres navigateurs qui ressemblaient fort à des naufragés; mais il n'a pu leur céder de provisions, lui-même étant presque à bout. « Que la volonté de Dieu soit faite ! » C'est le refrain du P. Verjus. Le Frère va à la chasse. Le Père peut dire enfin son bréviaire, mais non encore célébrer la sainte messe. Ce sera pour la Nouvelle-Guinée.
Le 3, on part pour l'île de Stevens; mais bientôt le courant les a ramenés à York. On essuie un orage et l'on repart. Calme plat. On rame pour atteindre un îlot à moitié chemin d'York et de Stevens. On y pêche. On y passe la nuit.
Le lendemain, vers onze heures, on arrive à Stevens. Le « roi » Jack leur fait bon accueil. Le P. Verjus visite le « teacher », sa cabane et son église. L'église est en torchis et blanchie à la chaux de corail. Il en faudra faire une pareille à Yule. On achète deux poules et des cocos; puis,