février
7 au 8, on a vogué. Aux premiers rayons du matin, un cri de joie : « Voici la terre ! » Mais le capitaine, homme de courage et de cœur, a la tête dure, et il n'est pas très fort en orientation. Malgré les insistances du Père, au lieu de prendre l'est-nord-est, il se dirige en plein nord et aborde au-dessous du cap Possession. Il prend Maïwa pourYule et s'obstine à y aller. Vers une heure de l'aprèsmidi, il reconnaît son erreur et fait tout pour la faire oublier. La côte est parsemée de villages. Le P. Verjus prend des croquis. Il n'est pas fâché, dit-il, que Dieu ait permis tous ces contre-temps, car il connaît maintenant tous ces rivages. Quand le bateau passe devant Motou- Motou, les « teachers », qui ont cru reconnaître sir Mac- Farlane, jouent des rames à toute vitesse et demandent à monter à bord. Ils offrent des présents : melons d'eau et cocos. En échange, on leur donne du thé, du biscuit, du tabac. Ils repartent, enchantés. Près de Motou-Motou débouchent trois rivières. On jette l'ancre à l'embouchure de la plus grande; mais survient un fort noroit. L'abri n'est pas sûr. On regagne la haute mer et l'on met le cap sur Rabao. Enfin, le 9, à dix heures du matin, joyeusement, le Pie-lX entrait dans Port-Léon.
L'APOTRE