‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 140 sur 226 · Palétuviers · texte numérisé non relu

Palétuviers

2. La Nouvelle- Guinée. Paris, Hachette, 1883. — Matsiou est également nommé par d'Albertis. Cf. ch. x.

316 l'apôtre

Ce voyage fit sans doute quelque bruit dans les villages environnants; car, aussitôt après, des chefs viennent visiter le Père chez lui. C'est Kékaé, « le roi » de Inawaboui. Il est jeune. Il a l'air timide. Il a assisté à la classe des enfants, redevenu enfant lui-même. C'est « le grand roi » de Bioto qui offre au Père des bananes et des patates. En retour de politesse, le Père lui donne du tabac et une chemise. Ce sont les deux chefs de Kipoké, village situé entre Motou-Motou, Maïva et Kivori. Tous les deux sympathiques, respectueux et bons. Ils sont un peu vêtus. Ils ont voyagé. Ils connaissent Cooktown et l'île de Murray. C'est Lavao, chef de Déléna. C'est le fils de Matsiou, chef de Mohou. Tous de braves gens, au fond; un peu curieux, sans doute, et beaux parleurs, mais d'autant plus aptes à répandre la bonne nouvelle de l'arrivée dans ces pays d'un missionnaire qui instruit les enfants et soigne les malades. D'autres chefs viennent aussi, ceux-là moins respectueux et moins bons. « J'ai toujours admiré, écrit le P. Verjus1, la bonté et le respect des chefs de villages, encore vierges de l'hérésie, et l'arrogance des autres. » Voici le chef de Waïma avec trois hommes. Il a assisté à la classe de lecture et de chant. Il s'est montré « sec et méprisant ». Il y a un « teacher » dans son village. Pinoupaka a-t-il un catéchiste protestant? Nous l'ignorons; mais son chef, que nous avons rencontré, Bouré, n'est pas précisément simple. Bouré a fait dire au Père qu'il avait deux planches à lui vendre. Mais, avant de les porter, il désirerait savoir à quel prix le Père les achètera. Le Père offre une chemise pour les deux planches. Bouré n'en apporte qu'une, et il affirme qu'il n'en a pas deux. Alors, le Père, pour le tenter et vérifier sa parole, lui montre une hache. A cette vue, le sauvage avoue qu'il a deux planches. Le Père se complaît un instant à mettre en relief toutes les qualités de la hache. Le sauvage la dévore des yeux et la convoite de plus en plus. Déjà, sans doute, il allongeait la main

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