Journal, 9 septembre
est allé se cacher là-haut sur ce cocotier. » Celait un o-ros et long serpent. « Que le démon, ô mon bon Jésus, écrit le Père daus son Journal, s'enfuie devant vous comme cette méchante bête ! » Il entre, il baptise le vieillard auquel il donne le nom de François.
Il appelle Claire la vieille Mounaba-Obara qu'il baptise le 3 octobre et qui meurt le 15.
Ces deux noms de François et de Claire, il les donne en l'honneur des deux patriarches d'Assise et en accomplissement d'une promesse qu'il a faite aux Pauvres-Clarisses de Nantes, si dévouées, dès la première heure, à toutes les œuvres d'Issoudun et tout spécialement à la Mission de Nouvelle-Guinée.
Quelque temps auparavant, un jeune garçon de douze à quatorze ans avait cessé de fréquenter le catéchisme. On en demande la cause. Les indigènes répondent qu'il a le népou. « A quoi reconnaissez-vous que Myria a le népou?
— C'est que ses « opoho » ne tiennent plus sur ses bras, ils glissent ». Les opoho sont des bracelets tissés qu'ils attachent fortement aux bras en trois ou quatre endroits.
— Tout simplement, Myria maigrissait. Le P. Verjus le trouve un jour assis au bord de la mer, triste, abattu, la tête entre les genoux. Il lui adresse de bonnes paroles, comme souventes fois son cœur lui en inspirait, et il l'engage à retourner au catéchisme afin de bien s'instruire dans la religion de Jésus-Christ et d'être prochainement baptisé. « Myria, lui disait-il, l'eau sainte chasse le népou. » Mais, Myria ne répondait pas. Myria restait comme absorbé et hébété. Cette rencontre eut lieu quelques jours avant le baptême du vieux Boïa. Le lendemain de la cérémonie, Myria se présente à la case du Missionnaire. « Mitsi, je viens pour que tu me baptises, afin que je sois délivré du népou. — C'est bien, Myria ; mais tu n'es pas encore instruit suffisamment. — Alors, Mitsi, je viendrai tous les jours, tu m'instruiras, et puis tu me baptiseras. » Dès le lendemain il allait mieux et l'embonpoint revint avec la joie1.