‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 153 sur 226 · Cf. le premier rapport du R. P. Navarre · texte numérisé non relu

Cf. le premier rapport du R. P. Navarre

342 l'apôtre

Ce n'est point sans contradiction que le P. Verjus opérait le bien dans les âmes. Quiconque a tant soit peu vécu, n'en sera pas étonné et moins encore scandalisé. 11 est bon de constater que les plus généreux serviteurs de Dieu sont de même race que nous, de notre chair et de notre sang. Rien n'est d'ailleurs plus encourageant que le spectacle d'une âme en lutte avec elle-même. « Le pauvre *** me fait bien souffrir. Mon Dieu, je vous offre tous les renversements que ma pauvre nature ressent. Je bondis quelquefois. Je devrais m'exercer à la patience... J'ai à me reprocher mes vivacités... Tout cela me trouble, parce qu'(en l'absence de mon supérieur) je n'ai personne pour me diriger. Mon Dieu, vous qui voyez tout, vous qui savez tout, ayez pitié de moi et secourez-moi *. » Une autre fois : « J'ai la chance d'être persécuté en-dessous parle bon*** qui ne peut pas se priver du plaisir de me faire de la peine. Que Dieu soit mille fois remercié de la bonne occasion que j'ai là de me vaincre et de pratiquer un peu de vraie charité ! J'ai trop de sensiblerie dans le cœur. Il faut, pour un Missionnaire, quelque chose de plus robuste, sans cesser d'être délicat. Mon Dieu, accordez-moi en ceci la grâce du juste discernement :. » On l'entrevoit, tel qui aurait dû être l'auxiliaire du fervent apôtre, à de certaines heures lui faisait obstacle. Plus souvent que les hommes, c'était la fatigue, qu'il comptait pour rien cependant.

C'était aussi la maladie. Il fallut céder quelquefois. « Me voici de nouveau malade. Mon Dieu, je vous offre tout pour votre plus grande gloire. Cet échauffement ne me laisse pas dormir. Vive Jésus ! Je puis penser au ciel toute la nuit3. » Un mois plus tard, le pauvre Père est comparable à l'Homme de douleur dont un prophète avait dit : « De la

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