Ihid., 3 juin
seur. Mon Dieu, faites de moi ce que je fais de cette boue *. »
Ces incessants et rudes travaux ne nuisaient en rien à l'évangélisation des sauvages. Le P. Couppé a vu le P. Verjus à l'œuvre, et il rend ce témoignage : « A Yule, la connaissance et l'amour de tous les naturels nous sont acquis. Ils comprennent maintenant ce que nous sommes, le bien que nous leur voulons et l'amour que nous leur portons. Aussi les catéchismes qui ont lieu tous les matins, et les classes qui se font tous les soirs, sont-ils très bien suivis. Le cher P. Verjus est d'un zèle infatigable, il est chargé des catéchismes. Nous sommes émerveillés des progrès de ses paroissiens, surtout des progrès des enfants. Ces derniers, tout aussi bien et souvent mieux que la plupart de nos enfants d'Europe, récitent couramment la lettre du catéchisme et en donnent ingénument l'explication sur tableaux. Ils y mettent beaucoup d'émulation, surtout lorsqu'il doit y avoir un examen, suivi de récompenses. Les anciens ont assurément latôte plus dure, mais leurs progrès sont sensibles. Il n'est pas un naturel, si vieux et si dépourvu d'intelligence qu'il soit, qui ne sache dans sa langue et ne récite par cœur le Pater. Ils aiment tellement les enseignements du catéchisme qu'ils les répètent d'eux-mêmes dans leurs maisons et les rapportent aux naturels des villages de Nouvelle-Guinée avec lesquels ils sont en relation. Aussi sommes-nous agréablement surpris, lorsque nous rencontrons des naturels étrangers, de les entendre répéter devant nous le Pater, les principales demandes du catéchisme et les quelques cantiques que nous faisons apprendre ici.
« Les parents comprennent bien la nécessité du baptême, et déjà nous présentent d'eux-mêmes leurs nouveau-nés pour que nous leur donnions ce sacrement, sachant bien qu'ils serontobligés désormais à les élever chrétiennement. Nous avons la consolation de compter en ce moment cinquante-