Journal, 29 septembre
a l'épiscopat 395
neuf baptêmes, dont quelques-uns d'adultes à l'article de la mort. N'est-ce pas un beau résultat en si peu de temps? Et n'avons-nous pas raison décompter pour rien nos sacrifices, lorsqu'ils aboutissent à glorifier Dieu et à sauver les âmes, l'unique objet de nos désirs1 ? »
Chacun de ces baptêmes, le P. Verjus les enregistre avec une joie toujours nouvelle : « Encore trois baptêmes!.. Mon Dieu, mon cœur si dur a été touché jusqu'aux larmes, lorsque ma main indigne vous a consacré ces anges 2. »
D'ordinaire, à l'occasion de ces baptêmes, il n'écrit qu'un mot. Il s'attarde avec complaisance au baptême de Taïta Kouaé, la femme de Waroupi, l'un des chefs de Rabao. Écoutons-le :
« J'ai eu le bonheur de baptiser une vieille femme qui se mourait. C'était une des plus rébarbatives du village. Un jour qu'elle était au plus mal, j'allai la voir; une poignée de riz me servit d'introduction. « Taïta, lui « dis -je, tu sens bien du mal? — Oui, j'ai la poitrine « comme écrasée et la tête me fait souffrir. — Eh « bien, ma vieille Taïta, probablement tu vas t'en aller au « Ciel; veux-tu que je te baptise? — Oui, Missionnaire... « Jesais... Faisvile...Va... Lave bienmatête... Jeveuxaller « là-haut. » Et, ce disant, la vieille Taïta montrait le Ciel. J'envoyai chercher de l'eau, une belle chemise blanche; j'en revêtis notre néophyte; et, la joie dans le cœur et les larmes aux yeux, je dis : « Thérèse, je te baptise au « nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Et Taïta devint Thérèse, et fut toute joyeuse. La nuit suivante, au lieu de mourir, elle dormit, et, contre toute espérance, deux semaines après, elle était guérie. « Bonne Thérèse, a lui dis-je en la revoyant, tu ne veux donc pas encore aller « au Paradis! » Joignant ses mains amaigries : « Non, Mis- « sionnaire,je ne suis pas encore partie. » Depuis, Thérèse