‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 172 sur 226 · Journal. 10-18 août; 23 aoùt-20 septembre; 18-30 octobre · texte numérisé non relu

Journal. 10-18 août; 23 aoùt-20 septembre; 18-30 octobre

2. C'est par erreur que le P. Jullien, dans son Album de Nouvelle- Guinée, a imprimé le 3.

A plusieurs reprises déjà nous avons écrit dans ces pages le nom des Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur. D'où viennent ces religieuses ?

Le même prêtre qui, d'un mot, avait uni les deux grandes dévotions de ce siècle : la Vierge Immaculée et le Cœur de Jésus, unissant par là même Lourdes et Parayle-Monial à Issoudun, le même prêtre qui avait fondé la Société des Missionnaires du Sacré-Cœur, devait, tôt ou tard, fonder l'Institut des Filles de Notre-Dame du Sacré- Cœur. L'un complète l'autre1.

Ce fut en l'année 1874 que le T. R. P. Chevalier jeta, à l'ombre de la basilique d'Issoudun, les premiers fondements de cette nouvelle congrégation apostolique.

Quand elles virent, en 1881, les premiers Missionnaires partir pour l'Océanie lointaine et barbare, les Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur se dirent les unes aux autres: Pour nous aussi, bientôt, sonnera l'heure de l'apostolat. Préparons-nous.

En effet, le 24 février 1884, le P. Navarre écrivait de Sydney à la T. R. M. Hartzer, supérieure générale, une lettre dont voici la substance: Il est temps que vos Filles, qui sont aussi celles de Notre-Dame du Sacré-Cœur, songent à venir nous rejoindre. Elles souffriront; mais, les grands sacrifices, bien loin de décourager les grands cœurs, les attirent et les enflamment. Elles souffriront du climat, de la chaleur, de la nourriture, du logement, des

1. Cf., dans les Annales de mai 1885, une charmante allocution de vèture prononcée à Issoudun par le T. R. P. Delaporte, en ce temps-là supérieur général des Prêtres de la Miséricorde, mort depuis Missionnaire du Sacré-Cœur.

fièvres. Elles souffriront surtout peut-être du contact avec les indigènes ; mais elles travailleront au salut des âmes et à l'extension du règne du Sacré Cœur. Elles aussi seront Missionnaires.

Au mois d'octobre de cette même année, le 17, en la fête de la bienheureuse Marguerite-Marie, cinq religieuses partent d'Issoudun en compagnie du P. Couppé, du P. Verjus et de trois Frères coadjuteurs. Le 22, elles s'embarquent à Marseille.

Comment le P. Verjus fut soudainement arrêté par la maladie, le lecteur s'en souvient.

Le P. Couppé, après quelques jours de navigation, fut atteint du même mal. 11 fallut descendre à File Bourbon. On le transporta à l'hôpital militaire. Le P. Verjus, à peine guéri, le rejoint. Ensemble, ils achèvent leur convalescence, en attendant le prochain courrier.

Le 31 janvier 1885, on aborde à Sydney. Les Pères maristes hospitalisent toute la caravane à leur procure de Villa-Maria. Le 4 février, le P. Navarre écrit cà la R. M. Générale : « Vous apprendrez avec joie que vos Filles- Missionnaires sont heureusement arrivées... D'après ce que j'apprends de leur voyage et de leur séjour à Bourbon, je reconnais la conduite que le divin Maître a tenue à notre égard depuis le commencement de celte Mission. Il nous a souvent traités comme il traita ses amis, ses apôtres, sa très sainte Mère elle-même, en nous envoyant des épreuves quasi insurmontables, afin de nous obliger en quelque sorte de recourir à Notre-Dame du Sacré-Cœur, l'espérance des désespérés... Vos Filles ont rencontré partout beaucoup de sympathies, car on admire grandement le courage et le dévouement des religieuses qui s'en vont au milieu des sauvages pour travailler à leur salut. Ces sympathies ne viennent pas seulement des catholiques, mais aussi et l'on pourrait dire surtout, des protestants et de leurs ministres qui ne trouvent pas un pareil zèle parmi leurs ouailles... Nos Sœurs sont toutes désireuses de travailler au plus tôt au salut des pauvres noirs. »

Dans la pensée du R. P. Navarre, ces religieuses étaient destinées à la Mission de Nouvelle-Bretagne ; mais, les sauvages ne lui paraissant pas suffisamment préparés à les recevoir, il songe à les envoyer tout de suite dans le détroit de Torrès, à Thursday, où, tout en apprenant la langue anglaise, elles trouveront immédiatement à se dévouer au double service des blancs et des noirs.

En réalité, et par suite de complications imprévues, les Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur n'iront à Thursday qu'un an plus tard.

Pour l'instant, Mgr Moran, archevêque de Sydney, offre à nos Pères la paroisse de Botany-Bay, « C'est bien la paroisse qui vous convient, disait l'archevêque : vous y retrouverez, avec un souvenir de la France, le tombeau d'un de ses prêtres. ): Ce nom de Botany rappelle, en effet, les découvertes de La Pérouse. Il évoque en même temps le nom d'un autre Français, celui du P. Le Receveur, qui avait accompagné dans une expédition l'illustre navigateur.

Au sommet d'un rocher qui domine l'océan, la patrie reconnaissante a élevé un monument à La Pérôuse. A quelques pas de Là, à l'ombre des eucalyptus, sous une retombée de fleurs, ces fleurs australes qui ont valu à la baie le nom de Botany, baie des fleurs, repose la dépouille mortelle du religieux franciscain1.

Le P. Couppé sera curé de la paroisse. Il pourra dès maintenant jeter les bases d'une procure des Missions. Les Filles de Notre-Dame ouvriront une école.

Quand il bénit leur humble maison, le pieux archevêque disait aux religieuses : « Votre couvent est le premier de Religieuses-Missionnaires qui soit en Australie, et je me réjouis que votre maison soit dans mon diocèse. Vous serez très utiles en Mission. Je ne comprends même pas les Missions sans religieuses, car ce sont elles qui forment les familles vraiment chrétiennes 2. »

1. Le P. Fernand Hartzer, Missionnaire du Sacré-Cœur, dans l'Univers du 25 juin 1888.

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