‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 173 sur 226 · Cité par Mgr Navarre, dans sa première lettre pastorale · texte numérisé non relu

Cité par Mgr Navarre, dans sa première lettre pastorale

Cependant, de loin, le P. Navarre prépare leur arrivée à Thursday. Le 20 avril 1885, il écrivait au T. R. P. Chevalier: « Les Sœurs auront ici beaucoup d'occupations et, je puis ajouter, un ministère plus fructueux peut-être que le nôtre. Les deux mille pécheurs, qui sont répandus dans le détroit de Torrès et le golfe des Papous, tombent assez souvent malades. Faute d'hôpital, faute de médecin ou de quelqu'un qui les soigne, il en meurt beaucoup, et dans quel état ! dans quelles conditions ! C'est vraiment pénible à penser pour un Missionnaire. Les uns dans l'infidélité, les autres dans le péché. Combien sont perdus! Ils meurent sans soins, sans consolation, sans la voix d'un prêtre ou d'un ami. S'ils sont loin en mer, on les jette à Peau; s'ils sont près de terre, on les enterre dans une île déserte ; même, quand un noir meurt, on l'enveloppe dans une natte, on l'emporte, comme on porterait un vil animal, et on l'enfouit dans quelque coin de montagne. Quand nos Sœurs seront ici, elles pourront recueillir les malades et les soigner. Et, ce qu'il y aurait de plus consolant, ce sont les fruits de salut qui en résulteraient pour ces malheureux délaissés: elles les prépareraient à recevoir les uns le baptême, les autres la pénitence, l'eucharistie, l'extrêmeonction, et, s'ils mourraient, au moins auraient-ils une sépulture honorable. »

Le P. Verjus écrit de son côté :

« Qu'il serait à désirer que nous eussions ici un petit hôpital! Cela nous donnerait beaucoup de prestige dans tout le détroit et nous ouvrirait bien des portes... Nous ne manquerions pas de clientèle et, par les corps, nous gagnerions bien des âmes... Je vous assure que les Filles de Notre-Dame du Sacré-Cœur auraient là un vaste champ pour servir la Mission. Elles feraient plus de bien que nous, car elles nous ouvriraient les cœurs l. »

Et le bon Père fait remarquer joyeusement que le climat serait excellent pour elles. « Jamais de froid ; pas de

Page 1