Lettre au R. P. Jouet. Thursday, 22 avril
transitions brusques ; jamais trop de chaleur. Thursday, c'est une véritable Nice *. » En attendant, on leur bâtit une maison.
Le 14 janvier 1886, elles arrivent.
La population de Thursday et des stations de pêcherie, nos lecteurs le savent, est tout à fait cosmopolite. L'Anglais protestant y coudoie l'Irlandais catholique. Nous y trouvons pêle-mêle, le Chinois, le Japonais, le Malais et le Manillois. Les Manillois sont les plus nombreux. C'est avec eux et avec les blancs que les Missionnaires ont le plus de rapports. Européens, Manillois et noirs, en tout à peu près quinze cents âmes, voilà donc la paroisse de Thursday et le champ où va se déployer le zèle des religieuses.
Dès le lendemain pour ainsi dire de leur arrivée, elles sont de précieux auxiliaires pour les Pères. Tout de suite elles ouvrent une école. Par les enfants qu'elles instruisent, par les visites qu'elles reçoivent des pères et des mères, par les soins qu'elles donnent aux malades, par le bon accueil qu'elles font aux pauvres, peu à peu elles dissipent les préjugés des protestants et préparent des conversions.
Sur les Manillois, leur action est plus directe et en quelque sorte palpable. Lés Manillois étaient autrefois très nombreux dans l'île et dans les stations du détroit; mais la baisse qui s'est fait sentir sur les perles et la nacre, objets de leur industrie, en a fait émigrer un bon nombre. A la date où nous sommes, la nacre remonte au marché de Londres, et les Manillois reviennent.
Du reste, si le nombre a diminué, les Missionnaires n'y ont rien perdu. Ceux qui sont restés, ont éprouvé le besoin de se créer une position. Aidés par les Pères, ils ont pu se constituer en ménages réguliers dans l'île, où ils édifient tout le monde, même les blancs. Ces pauvres gens s'en vont chercher leurs femmes au fond des îles. Les