‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 186 sur 226 · Journal, 1er juillet · texte numérisé non relu

Journal, 1er juillet

2. Cf. dans les Annales de N.-D. du Sacré-Coeur, juin 1889, une lettre du R. P. Jouet, datée de Rome, le 8 avril.

a l'épiscopat 447

de la Nouvelle-Bretagne. Je n'essaierai pas de vous dire, vénéré Père, combien je suis reconnaissant de ,1a confiance que l'on veut bien me témoigner, et, en même temps, combien profondément je suis affligé, humilié et épouvanté par la charge que l'on m'impose. Vous connaissez mon cœur, bien-aimé Père, et vous devinez tout cela. Que le bon Dieu soit béni de toute chose! Qu'il me donne ce qu'il me demande et qu'il demande ce qu'il voudra!...

« ... Je serai sacré ici par Mgr Navarre, en famille, et dans ma chère Nouvelle-Guinée... Si, dans votre paternelle bonté, vous pouvez m'envoyer une chapelle et quelques ornements, je les recevrai avec la plus grande reconnaissance. Vous savez que je n'ai rien, et j'en suis heureux ! Je serai sacré avec les ornements de Mgr Navarre.

« Bénissez-moi, mon Très Révérend Père. Ne m'abandonnez pas, je vous en conjure ! Ayez pitié de la faiblesse de votre pauvre, mais bien sincèrement dévoué et affectionné enfant in Corde Jesu ! »

Trois jours après, il revient en quelque sorte à la charge :

« Sans doute, je dois me conformer à la volonté de Dieu. Tout le monde me le dit et me l'écrit. Je le sais et je le sens. Mais, ce qui m'inquiète, c'est que l'on ne connaît de moi que ce peu de zèle extérieur que le bon Dieu a bien voulu me donner, et l'on semble ignorer non seulement mon indignité, mais encore mon incapacité. Je n'ai ni l'intelligence ni la science voulue. On dira qu'il en faut moins pour un vicaire apostolique ; mais, peut-être est-ce le contraire; car, l'administration sérieuse d'un vicariat a de bien grandes difficultés, inconnues en Europe... Tout m'épouvante... Il faut, pour cette charge, une expérience et une autorité acquises que je n'ai pas... Je vous en prie donc à deux genoux et les yeux pleins de larmes, venez à mon secours, aidez-moi, conseillez-moi, enseignez-moi... »

Le 13, il répond aux élèves de la Petite-Œuvre, qui s'étaient empressés, dès la première heure, de complimenter « leur évêque ». Donnons toute la lettre :

Page 1