Journal, 8 septembre
a l'épiscopat 453
instances et supplications, Mgr Verjus semblait fléchir et il disait : « Je ne veux qu'obéir à la volonté de Dieu; mais, je ne puis méconnaître la main de la Providence dans mon retour. » Et il s'écrie, tout ému : « Ah! que Mgr Navarre n'est-il ici ! » On va chercher le vénérable prélat. On le met au courant. On s'explique. Mgr Navarre n'avait point de plus cher désir que de sacrer lui-même, dans la petite chapelle de la Mission, son premier compagnon d'apostolat, son fils et son ami. S'il n'a pas exprimé son désir, c'est qu'il voyait, dans la solennité d'un sacre à Sydney, un plus grand bien pour la Mission de Nouvelle- Bretagne1. Au demeurant, rien ne presse pour le départ de Mgr Verjus, puisqu'un homme de valeur, le P. Couppé, est à la têle de la Mission. Et l'on tombe d'accord. Le sacre aura lieu dans quinze jours. Et la joie éclate. Et l'on chante immédiatement un salut d'actions de grâces, avec Magnificat et Laudate. « Je vous assure, disait une religieuse, que le Salut fut bien chanté. »
Ce soir-là, Mgr Verjus écrivait dans son Journal : «Tout est réglé. Je serai sacré de dimanche en huit... Tout se fera pauvrement et simplement. Vive Jésus !... La communauté me montre grande affection. Les chers noirs aussi, à leur manière. Vive Jésus dans tous les cœurs ! » Et, quelques jours après, il entre en retraite.
Pendant ce temps-là, les Frères et les Sœurs préparaient la fête. Rouvrons la correspondance des religieuses. Nous serions fort embarrassé s'il nous fallait écrire de ce style primesautier, d'abondance et de bonne humeur :
« Où trouver, en Nouvelle-Guinée, et comment faire en quinze jours tout ce qu'il faut pour un sacre?... Il faut une soutane violette; nous avions justement de l'étoffe, envoyée par notre chère mère Paul pour Mgr Navarre. Ce n'est pas