‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 202 sur 226 · Journal, 10 mars · texte numérisé non relu

Journal, 10 mars

tisés1. — Il ne m'en reste plus que vingt-trois à Yule. — Encore une bonne journée de dimanche. Que Dieu soit béni!... Enfin, les deux plus méchants du village se sont rendus. Le pauvre Aitsi-Anabé a renoncé à toutes ses diableries et le pauvre Nez-pourri, Naïméouroou, qui autrefois voulait me tuer, est devenu l'enfant du bon Dieu ! Avec quel bonheur je chassais le diable de ces deux vilains corps!... La femme de Nez-pourri est une cx-protestante qui nous fît bien du mal par sa mauvaise langue. Elle mettait tous les blancs au niveau de ceux qu'elle avait connus sur les navires de guerre à Port-Moresby. Aujourd'hui les voila tous dans l'innocence baptismale! Vive Jésus 2 ! »

Ces cérémonies du dimanche, où il baptisait ses chers sauvages par groupes, étaient fatigantes. On a vu des néophytes se trouver mal et s'affaisser. L'heureux baptiseur se tenait debout, mitre en tête, sans vouloir prendre un moment de repos ni se faire remplacer. Les ayant préparés tous, il voulait les baptiser tous. Le soir, bien loin de se plaindre, il se réjouissait d'avoir augmenté de quelques agneaux le petit troupeau du divin pasteur3.

Un dimanche, après la confession des adultes, Raouma, qui n'était pas encore chrétien, aborde Mgr Verjus et le prie de baptiser sa femme au plus tôt : elle est malade d'une bronchite et peut mourir. Aïva elle-même, quinze jours auparavant, avait demandé le saint baptême. Mgr Verjus ne s'empressait pas d'exaucer ses désirs. Elle n'avait jamais montré beaucoup d'ardeur pour la religion, encore bien qu'elle suivit les offices et les instructions comme les autres indigènes. De plus, elle avait la réputation d'être menteuse et voleuse. Qui sait enfin si elle n'exagérait pas sa maladie pour avoir un vêtement? On habille les nouveaux baptisés.

Donc Raouma, trouvant que sa femme allait plus mal,

J. Journal, 13 mars.

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