‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 206 sur 226 · Port-Léon, avril · texte numérisé non relu

Port-Léon, avril

Nous allons peu à peu nous acheminer vers cette révélation.

En celte année 1891, presque à toutes les pages de son Journal intime, nous surprenons des soupirs, des désirs; nous entendons des cris. Écoutez :

« Il me semble que la grâce du bon Maître me pousse toujours vers l'esprit de victime, et que c'est là le dernier mot et le secret de la conversion de notre chère Nouvelle- Guinée1. »

« Mon Dieu, tout pour vous! Je vous sens plus près de moi à mesure que l'esprit de victime me pénètre davantage. Merci, mon Dieu! Oui, tous les jours souffrir... Avoir la passion de souffrir... Souffrir de ne pas souffrir... Bon Jésus, à quand le sacrifice final? Je sens qu'il n'est pas loin... Quand et comme vous voudrez2. »

Le mois suivant :

« Toujours désirs immenses de souffrir et surtout de verser mon sang pour Jésus... J'en verse un' peu pour m'habituer, et puis j'en ai des scrupules... Cependant, mon Jésus, il y a tant de choses à réparer! et il est si doux de me voir couvert de sang pour vous3! »

Il portait une chaîne, tous les jours, depuis son lever jusqu'à midi, « pour réparer, disait-il, se purifier et se préparer4 ».

Se préparer à quoi? A des pénitences plus complètes et plus rigoureuses en vue d'une ressemblance plus parfaite avec le divin modèle. On va les entrevoir dans le fragment qui suit. Il vient d'envoyer quelques confrères en Mission à l'intérieur et, pour eux, il demande au bon Maître un peu de joie :

« Mon Dieu, soyez leur joie... Pour payer cette joie ou

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