‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 207 sur 226 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

adoucir leurs peines, faites-moi souffrir! O Jésus, mon bien-aimé, mon Père, mon Frère, mon Ami si tendre, mon Modèle, oh! jusques à quand tant de différence enlre nous deux? A quand donc la passion? à quand la flagellation, la couronne, la croix ? Oh ! la croix, mon Jésus, s'il vous plait! Quelle heureuse et belle place pour mourir M »

Les croix se dressent en Mission , de chaque côté de la route pour ainsi parler. Bien des fois reviennent, sous la plume de l'évoque, des notes comme celles-ci : « Encore des croix et des croix , petites et grandes. Les âmes souffrent. J'entends pleurer-. » N'importe! Ces croix providentielles ne lui suffisent pas. Elles ne suffisaient pas davantage à saint François Régis, à saint Pierre Claver et à tant d'autres « saints Missionnaires » dont il lit les vies pénitentes et qui « l'exaspèrent » contre sa « lâcheté ». « Les saints Missionnaires n'ont fait de bien qu'en proportion de leur union intime et communion au sacrifice sanglant de Jésus. O mon bon Maître, faites que je comprenne3. » — « Mon cœur se fond du désir du martyre et d'union avec Jésus et Marie4. » — « O mon bon Maître, à quand donc Y union? Je ne vous demande pas au Thabor, mais à la flagellation, au couronnement d'épines, sur la croix! Bon Jésus, s'il vous plaît5! »

En attendant cette union mystérieuse avec Jésus, l'union en quelque sorte totale, l'union sanglante, il se fait faire par des mains amies une autre ceinture de fer, plus à son goût. 11 « l'étrenne », comme on fait d'un joyau : « C'est superbe pour aider à souffrir un peu et dire la sainte messe avec plus de fruit. Vive Jésus! La pensée de la Passion de Notre-Seigneur me transporte... Pauvre Jésus, oh! comme je vous aime brisé sous les fouets et cloué sur votre croix6! »

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