‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 208 sur 226 · er octobre · texte numérisé non relu

er octobre

L'admirable pénitent se voue d'autant plus volontiers à l'immolation qu'il se croit un pauvre être quelconque perdu en barbarie, encombrant, entravant, inutile. A chaque instant il s'accuse sinon de tout compromettre, du moins de retarder, par ses incohérences, ses défaillances, ses fautes, l'avènement définitif du royaume de Dieu :

« Le sentiment de mon inutilité m'envahit de plus en plus. Je suis bien peiné d'avoir si mal servi la Mission jusqu'ici, et la pensée que je ne puis mieux la servir que par mon sang, s'empare de moi de plus en plus. Peut-être est-ce pour m'y préparer que le bon Maitre semble se rapprocher tous les jours de plus en plus de son misérable serviteur. La pensée des souffrances de Noire- Seigneur m'émeut de plus en plus et ne me quitte plus i. »

Un autre jour il disait :

« Que ferais-je si j'étais seul! Mon Dieu, mon Dieu, je vous en conjure, faites-moi mourir avant Mgr Navarre... Le martyre! Je ne suis fait que pour cela-! » — « Bon Maitre, laissez-moi vous aimer, et me dévouer, et me sacrifier, à vous ici, dans l'ombre, seul avec vous seul3. »

11 ne pense plus qu'à sa Mission et au triomphe de Jésus en elle : « Bonnes journées, toutes passées en écritures pour cette chère Mission. Quand j'écris d'elle, je voudrais écrire avec mon sang4. »

De mauvaises nouvelles lui arrivent-elles, d'auprès, d'au loin, de partout, jusque de l'Amérique du Sud, sa grande âme souffre et tressaille :

« Ce soir, j'ai le cœur serré. J'ai besoin de pleurer. Je voudrais verser un peu de mon sang. Dans tous les villages il y a révolte contre nous. Ici même, à Rabao, on parle mal- De plus, j'ai lu le récit d'un horrible sacrilège commis à Quito. J'éprouve un grand désir d'expier4. »

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