Journal, 1er novembre, 25 décembre
« Le bon Maître me pousse toujours vers l'amour de la croix, de la sainte obéissance et de l'anéantissement de moi-même... Il me semble que quelquefois je prends trop de plaisir à m'humilier et à me faire souffrir. 0 bon Jésus, est-il possible ! Vos croix sont si douces qu'elles ne crucifient plus, à force d'être aimées 1 ! »
Cette joie divine, Mgr Verjus voulait la faire connaître et savourer à quelques âmes d'élite, ces âmes dont nous nous disions plus haut qu'elles étaient sœurs de la sienne. Peu à peu il leur faisait la révélation de la douleur volontaire, de l'expiation spontanée qui efface le crime d'autrui, écarte le châtiment, et attire la grâce. « Souffrons, leur disait-il; la souffrance va plus loin que la prière. »
Et lorsque ces chères âmes qu'il appelait « les victimes du Sacré Cœur», lui demandaient : Père, que faut-il donc faire pour le salut de la Nouvelle-Guinée? il répondait : Avant tout, obéissez! Obéissez absolument à votre directeur. Le plus Jjeau de tous les sacrifices, c'est l'obéissance. Que si donc votre directeur s'oppose à toute mortification extraordinaire, aveuglément vous vous soumettrez, vous en tenant à l'esprit de victime.
Avez-vous, au contraire, toute liberté de vous mortifier? Alors, voici ce que vous pouvez faire partout et toujours : Renoncer à toutes les satisfactions du corps dans le lever, le coucher, la manière de vous asseoir, de vous agenouiller, de prendre vos repas. A défaut de votre corps, faites jeûner votre cœur et votre esprit. Avez-vous, dans votre pauvreté, quelque objet auquel vous teniez, tel livre, par exemple, ou tel vêtement, ou telle place dans votre cabane? Sacrifiez, sacrifiez. C'est là mourir à soi-même. — Dans la fièvre, comment se conduire ? Ce que c'est que la fièvre, tout Missionnaire le sait d'expérience : le froid subit, et ces nausées, puis cette chaleur, et ces douleurs dans tout l'être. Tâchez de ne pas vous plaindre. Soyez gai. — La fièvre est une croix commune. Il y a des maladies par-