Js. LXIII
la rencontre des saintes femmes par un signe sur la jambe droite, que je ne sais trop comment figurer, une sorte de poteau indicateur; la troisième chute du Sauveur par une lance et l'éponge au bout du roseau, au côté droit; le dépouillement, par une échelle à la jambe gauche; le crucifiement par trois clous, un à la jambe droite et un sur chaque épaule ; la mort par la plaie du cœur, très profonde; la descente de croix par des tenailles et trois dés, à la jambe gauche. A l'ensevelissement, le sanglant disciple du Sauveur mettait du sel sur toutes les plaies...
Est-ce qu'à présent il ne ressemble pas au Maître ? Voilà bien la Passion, voilà bien la mort. Voici le fruit du Calvaire : « Au village, écrivait-il le 28 décembre 1891, tout va pour le mieux. Ces bons enfants se laissent convertir. J'espère que bientôt le travail sera terminé, et tout Rabao sera catholique. Vive Jésus ! »
Béra, le vieux chef, avait dit aux sauvages de la tribu
dePokao : « Enfants, le Missionnaire s'en ira bientôt dans son pays. Il reviendra. Il ramènera avec lui d'autres Missionnaires. »
Béra était bien renseigné. Effectivement, le T. R. P. Général, dans l'intérêt même de la Mission et aussi dans l'intérêt de la Société, appelait Mgr Verjus en France.
Le 7 avril, uniquement par obéissance, l'évêque de Limyre s'embarque à bord du Wangamii.
« Il faut partir. Mon cœur est brisé, car tout est incertain ici et là-bas en Europe. Cependant, que la sainte volonté de Dieu soit faite et non la mienne ! S'il me fallait mourir loin de ma chère Mission; si le bon Maître voulait de moi ce sacrifice, le seul qu'il puisse me demander, je mourrais content tout de même. Vive Jésus1. »
Les longues journées marines, il les passait dans le recueillement, dans la prière, en union avec les chères Victimes du Sacré Cœur. La Semaine sainte est proche. Il lui semble que, s'il était avec elles en Xouvelle-Guinée, ensemble on ferait « quelques nouvelles saintes folies2 ».
A Thursday, où il s'arrête quelques jours, il visite sir Mae Gregor, gouverneur de la Xouvelle-Guinée, lequel lui fait, pour sa Mission, une offrande généreuse. D'autre part, il s'emploie à rendre à des âmes troublées « la vraie joie des enfants du bon Dieu ». Il aide aussi le Père, chargé du service religieux, dans la préparation des catholiques au devoir pascal. 11 prêche et il confesse.