‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 216 sur 226 · Canal de Suez, le 26 juin · texte numérisé non relu

Canal de Suez, le 26 juin

de Rome, l'est venu rejoindre, il part pour Issoudun. On s'arrête à Lyon pour une première et rapide entrevue avec Jean, son frère. Au Conseil central de la Propagation de la Foi, le coadjuteur de Mgr Navarre exprime, en quelques paroles émues, toute la reconnaissance delà Mission de Nouvelle-Guinée. La première question que l'on posa à l'Evèque-Missionnaire, fut celle-ci : « Est-il vrai que vous allez abandonner la Mission? » Et l'évêque répondit : « Nous sommes décidés à mourir sur place; mais il est vrai que, si l'on ne vient pas largement à notre secours, nous mourrons tous en peu de temps, et alors, forcément, la Mission sera abandonnée1. » Ce fut le dernier cri de détresse de notre apôtre.

Quand Mgr Verjus arriva, le 16, à Issoudun, il apparut, sinon à tous, du moin^ aux clairvoyants, que l'ardent Missionnaire ne reverrait point sa Mission tant aimée. On ne sait de quelles cavernes profondes sort la toux qui l'oppresse et le déchire. La gorge est malade, l'estomac délabré, la poitrine perdue. A peine a-t-il le temps de se jeter dans les bras du T. R. P. Chevalier, le vénéré supérieur général et fondateur, d'entendre de douloureuses confidences que le temps n'est pas venu de révéler et auxquelles il répond par une effusion toute filiale de son cœur aimant et une protestation énergique d'inaltérable et invincible attachement (Mgr Verjus était de la race de ceux dont le Saint- Esprit a dit : Natio illoram obedientia et dileciio2) ; à peine a-t-il le temps de donnera la T. R. M. Marie-Louise Hartzer des nouvelles de ses filles d'Océanie; à peine a-t-il le temps de recevoir les louanges mélodieuses de ses frères de la Petite-Œuvre et, dans la Basilique toujours en deuil, d'épancher son àme aux pieds de Xotre-Dame du Sacré-Cœur, que le médecin l'enferme dans un étroit

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