‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 218 sur 226 · Cf. sa Vie, par M. l'abbé Laplace. Paris, Lecoffre · texte numérisé non relu

Cf. sa Vie, par M. l'abbé Laplace. Paris, Lecoffre

Au monastère des Victimes du Sacré-Cœur, la célèbre communauté non pas fondée, mais longtemps dirigée par le P. Jean Maulbon d'Arbaumont, il passait des heures qu'il appelait, d'une expression à lui, « des heures de paradis ». Ce qui l'attirait là, une lettre qu'il écrivit après sa première visite à la R. Mère abbesse, va nous l'apprendre :

« La visite que j'ai eu le bonheur de vous faire m'a laissé une grande impression. Depuis très longtemps, je souhaitais ce bonheur; mais, n'étant pas seul, je n'ai pu vous parler à cœur ouvert.

« J'ai aussi, de loin et très timidement, et surtout très indignement, le beau titre de « Victime du Cœur de Jésus », et j'ai enrôlé dans ma chère Mission, sous ce titre, plusieurs âmes bien saintes, bien généreuses et bien pures, et. je vous l'assure, ma bonne Mère, c'est grâce à leurs sacrifices que la Mission réussit. Elles seules ont tout fait. Je le sais, et c'est en leur nom, ma vénérée Mère, et au nom de notre grande dévotion au P. Jean, que je viens vous demander des lettres d'affiliation à votre sainte Société. Nous voudrions, tout en demeurant avec nos chers sauvages, être en union de prières, de sacrifices et de mérites avec vos chères Filles. C'est une grande chose que je vous demande, je le sens bien, ma bonne Mère. Si c'est impossible, refusez-moi tout net, et dites-moi que je suis indigne d'une telle faveur; mais, si la chose se peut, nous en bénirons éternellement le Cœur de Jésus !

« Ce n'est pas tout, ma bonne Mère. Ces chères victimes de Nouvelle-Guinée veulent ajouter quelques pénitences à leur vie ordinaire, et elles s'adressent à moi pour leur quêter des instruments... Donnez-moi, pour moi et pour mes enfants spirituels, un échantillon de tous les beaux instruments de pénitence que votre amour a inventés ou que le P. Jean vous aura suggérés. Dites-moi bien tout, ma bonne Mère, s'il vous plaît, et faites un petit paquet pour chacune des victimes de Nouvelle-Guinée. Mais, pour moi, faites-en un bon, solide et bien fourni, où vous ne

me cacherez rien. Fabriqués par les mains de vos Filles, ces bijoux nous seront mille fois plus chers '. »

Ou sait que le R. P. Jean du Sacré-Cœur a renouvelé, dans noire siècle, les effrayantes austérités d'autrefois. Cet ancien élève de l'Ecole polytechnique, ce gentilhomme bourguignon était, à Marseille, sur son coteau de la Belle-de-Mai, comme un stylile de la pénitence, nous oserions presque dire un second Pierre d'Alcantara. Mgr Verjus en était jaloux et il rêvait, en la sainte folie de la Croix, d'être au moins son émule'2.

Trois jours après sa visite au monastère des Victimes, il écrit à Tabbesse, qui lui a promis non seulement des lettres d'affiliation, mais des bijoux :

« Très Révérende Mère, comment vous remercier de toutes vos bontés?... Nous sommes donc bien vos frères et vos sœurs. Que le Cœur de Jésus, notre trait d'union, en soit mille fois remercié!... Oui, ma Mère, j'ai deviné, j'ai senti que vous aviez été dans l'intimité du vénéré P. Jean. Ah! oserai-je vous demander de me dire ses secrets, de me faire les mêmes « petites et grandes fournitures »?... Merci pour les bijoux que vous nous destinez... Je veux mourir avec... Puissé-je les teindre de mon sang en Nouvelle-Guinée!... Pour mon nom de victime, je voudrais Henry de Sainte-Véronique, à cause de ma grande dévotion à sainte Véronique Juliani 3... »

Quelques jours après *, l'heureux évoque reçoit, avec un paquet de « bijoux », la lettre d'affiliation :

« Les bijoux sont splendides ; merci !... Merci mille fois de la précieuse affiliation! Elle me met en extase. Que le bon Maître doit être bon, puisque ses chères enfants et victimes sont si bonnes!

« Si vous saviez, ma vénérée Mère, combien l'entretien

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