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MGR BOURGET. 87 sainte, M. Baile, directeur du séminaire, faisait quelques cours, M. Villeneuve se chargeait de la Morale ; on suivit le règlement du séminaire de Paris.
Pourtant les développements de l’œuvre devaient aller lentement, à cause de la situation précaire où l’on se trouvait pour les logements et le reste,
On désirait bâtir: les uns voulaient le faire à la paroisse même; d’autres, au faubourg Québec. On se détermina finalement à creuser les fondements sur le terrain de l’ancienne mission des Indiens, et le 8 sept. 1854 on bénit la première | pierre.
Lun] La construction alla si bien, qu'en 1857, | Mgr Larocque put en faire la bénédiction, et MM. Baile, directeur, Larue, professeur de Dogme, Mercier, professeur de Morale, purent souhaiter la bienvenue à cinquante jeunes ecclésiastiques, qui venaient suivre leurs leçons.
L'œuvre a grandi; des centaines de prêtres de tous les diocèses du Canada et de l'Amérique sont venus y puiser le suc des pures doctrines romaines; aujourd’'hui, près de quatre cents jeunes ecclésiastiques y suivent les cours de philosophie. La ruche est si complète, qu'une Ï partie a essaimé”vers Boston, et, s’il faut : NH | en croire la rumeur publique, les évêques
du Canada, confiants dans la sûreté de l'enseignement et la discipline de cet établissement, demanderaient que la maison de Montréal établit un autre séminaire à Rome, et le pape semblerait favoriser ce projet. |
Avec quel bonheur l'archevêque de Martianopolis, qui a pu entendre parler de ce projet avant de mourir, n’a-t-il pas dû l’accucillir, lui qui avait tant aimé Rome, et lui appartenait non pas seulement par le titre de citoyen romain, mais par le fond des entrailles.
Frappé du bien que produisait dans le clergé la culture des sciences ecclésiastiques, il institua l’année suivante les conférences diocésaines, dont la. rédaction vraiment sérieuse et approfondie est une des gloires du clergé montréalais, et nous prépare un véritable monument national.
Au milieu de toutes ces entreprises, il crut remarquer qu'un soufHle de fausse doctrine passait sur le pays; il s’alarma.
Il écrivit une lettre pastorale contre le philosophisme et le voltairianisme.
Comme une partie des membres de l'Institut canadien avaient refusé dans une séance extraordinaire la révision du catalogue de la bibliothèque, pour en exclure les livres qu’ori reg'arderait comme dangereux, l’évêque crut voir dans cet acte
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un esprit antipathique à la foi catholique ; il fut blessé surtout de la déclaration que l'on fit que l’Institut était seul compétent à juger de la moralité de sa bibliothèque ; il y vit une atteinte au droit et au devoir qui incombe à tout évêque de sévir contre toutes les fausses doctrines, et il frappa sans hésiter cette institution.
Dans deux nouvelles lettres, il rappela aux fidèles les règles de la congrégation de l’'Index et du saint Office, et les mit en garde contre les mauvais journaux; il rappela le respect dû aux pasteurs et aux interprètes de l'Evangile, la nécessité de le soutenir et de lui payer la dime (Mai 1858).
Tout le monde s’unit à lui pour flétrir l’année suivante les excès commis par le malheureux apostat Chiniquy qui commençait son apostolat de perversion chez les Canadiens de l’intérieur et de l’extérieur.
Âvec l’âge et les infirmités, les inquiétudes augmentaient ; le prélat entrait dans la dernière phase de son laborieux épiscopat, et il commençait à en ressentir tout le poids.