WEBSTER, N.Y
‘et qu'ils les ont même teints et arrosés “ de leur sang. Dans ce cas, vous aimeriez ‘à imiter une fameuse vierge, sainte “ Praxèle, qui est représentée dans son “ église à Rome tordant de ses mains “ pures et innocentes lés habits des mar- “tyrs qu'elle avait encouragés à la “ mort, pour en faire couler le sang dans “un puits qui se voit encore.”
Aussi, comme il s’associa aux acclamations du concile de Québec, dont tous les évêques, les théologiens, et les canonistes
exaltèrent l’héroïsme de la courageuse
légion !
“ À tous les défenseurs du pontife ro- “ main et des Etats temporels de l'Eglise, ‘et surtout à nos braves et pieux soldats “ volontaires qui ont volé à Rome pour “ combattre contre les ennemis du Saint- “ Siège, succès en toutes choses. Victoire “ dans les combats, joie constante de l’âme, ‘“ santé du corps, et heureux retour dans “ la patrie, après les triomphes de la plus “ glorieuse victoire. Qu'il en’ soit ainsi.
‘Fiat, fiat, fiat ! ” (31 Mai 1868).
Hélas ! plus tard vinrent Mentana Castelfidardo, et son cœur saigna comme celui d’un père, mais son âme catholique se réjouit en pensant que le sang canadien était monté comme la rosée d’une prière vers le trône de Dieu.
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Il avait placé tout son espoir de l'avenir dans la jeunesse, et il lui multipliait ses conseils et sa protection. Aussi applauditil avec joie, quand il vit les Pères Jésuites secondant les Messieurs de Saint-Sulpice qui par leur cercle et leur bibliothèque, faisaient déjà tant de bien, établir l’Union catholique et sa retraite pascale.
Le KR. Père Gravoueille et le R. Père Vignon eurent toutes les fatigues au début de cette délicate entreprise, qui se maintient toujours avec honneur.
Mais déjà de graves préoccupations absorbaient son esprit. La population avait augmenté, le nombre des catholiques croissait d’une façon qui le consolait et l’alarmait tout à la fois. Il se demandait comment il pourrait subvenir à tant de b2soins, et si l’existence d’une paroisse unique n’était pas un obstacle invincible à l'extension du bien. Saint-Sulpice, même en établissant des succursales, ne pouvait, lui semblait-il, faire face à tout: la question du démembrement fut dès lors résolue dans son esprit, mais l'exécution en était difficile.
La paroisse de Villemarie avait été érigée le 80 octobre 1678, par le premier évêque de Québec, Mgr de Laval, qui avait stipulé qu'elle serait à perpétuité desservie par MM. les ecclésiastiques du
séminaire de Saint-Sulpice. Mgr de Saint- Valier, le 8 août 1694, établit le supérieur du séminaire comme curé à perpétuité de cette cure. Louis XIV en 1702 avait ratifié ces arrangements, et les changements politiques n'avaient rien modifié.
Les Messieurs du séminaire se considéraient donc comme chargés, sous la direction de l’évêque, de tous les catholiques de Montréal. Mgr Bourget croyait impossible le maintien de l’état de choses, et semblait penser qu'il pouvait agir à l'égard du supérieur du séminaire comme à l'égard du supérieur d'une communauté exclusivement diocésaine, sur la direction et sur les biens de laquelle il aurait conservé comme une sorte de haut domaine.
Après bien des malentendus et des froissements qui arrivent toujours dans ces grandes modifications, on résolut de demander à Rome la solution de tous ces doutes : un premier décret en 1865 maintint l'autonomie du séminaire, et lui garantit la propriété de ses biens ; mais il stipula le principe de la division des paroisses, tout en accordant aux Messieurs de Saint-Sulpice de grands dédcmmagements.
Survint une nouvelle question : les paroisses seraient-elles canoniques ou non ?
La législation s’y opposait ; Monseigneur
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D prétendait, comme il arriva, que le gou- | vernement accorderait ce qu'il réclamait déjà comme un droit.
Si la question s’envenima, des esprits indiscrets saisirent le.-public de toutes ces difficultés, et le passionnèrent ; ‘“ si enfin “un honteux pamphlet vint tout à coup ll ‘ avilir la discussion, ce ne fut la faute ni | “ de Sa Grandeur, ni des autorités du Sé- | ‘ minaire, me disait hier un de nos pre- Il “ miers hommes politiques. Je voyais par | “ position les deux partis presque tous les Il “ jours : en persistant de part et d'autre ‘|| ‘“ dans ce que l’on croyait être son droit, “j'étais frappé de l’urbanité et de la cha- ‘rité avec lesquelles des deux côtés on “ traitait les questions de personnes. ”
De nouveaux arrangements en 1874 ont amené la situation présente; Monseigneur a reconnu la droiture d'intention de ses opposants d’un jour et leur désintéressement, et il leur a donné jusqu’à la fin de sa vie, des marques d’une estime non équivoque. |
Ces chagrins passagers n'avaient pas retardé la moisson : dès 1867, Monseigneur constatait avec admiration cette soudaine (| effloraison de bonnes œuvres, et compa- \| raît l’état actuel avec l’époque où il avait L pris possession de son siège :
“ Lorsque Nous fûmes envoyé, il y a
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‘‘ près d’un demi-siècle, auprès de l’illus- ‘ trissime et révérendissime J, J. Lar- “tigue, évêque de Telmesse, alors suf- ‘ fragant auxiliaire et vicaire-général de “ l'archevêque de Québec, Montréal n'était ‘ point un diocèse, mais un district épiscopal érigé par le Saint-Siège. Il n’y avait alors que 71 paroisses ou missions, et 97 prêtres employés à divers ministères. Il ne s’y trouvait qu’une seule communauté de prêtres séculiers, un grand collège où se faisait un cours complet d’études, et un collège naissant qui “ Juttait contre les difficultés inséparables “ des institutions qui commencent. On y “ comptait trois communautés de femmes, “ dont deux étaient consacrées aux soins + des pauvres et une autre à l’éducation.
“ Il n’y avait guère, dans les paroisses de “la campagne, que dix couvents pour “ l'éducation des jeunes filles, avec un “ très petit nombre d'écoles élémentaires pour les garçons et les filles. Toute la “ population de la ville et de son immense “ district s'élevait à 196, 480 âmes.”
Tout ce qui combattait pour Dieu d’ailleurs avait un droit à sa reconnaissance ; s’il parlait avec une prédilection marquée des développements de l'hôpital de la Providence, et énumérait complaisamment les œuvres que ces religieuses avaient