‹ Monseigneur Ignace Bourget, archevêque de Martianopolis (ancien évê que de Montréal) [microforme]Chapitre 20 sur 21 · PESTE · texte numérisé non relu

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fondées, il n’oubliait pas le dévouement séculaire des hospitalières de Saint-Joseph, le zèle des filles de la sœur Bourgeoys, qu'il avait encouragées et dirigées dans [leur magnifique iondation de Villa-Maria, D ni surtout l’héroïsme des sœurs Grises, qui E s’en vont à 1600 lieues “ par des chemins ‘“ qui n’ont point encore été battus, et qui | “ doivent dire un adieu éternel à leurs fa- E “ milles, à leur patrie, car le retour sera | ‘“ impossible. ” (24 juin 18366.) | En 1869 il se trouva de nouveau à Rome pour fêter les noces d’or de Pie IX, comme il avait fêté dans la Ville éternelle la canonisation des martyrs japonais, et proclamé la nécessité du pouvoir temporel (1862).

Il était là toujours, au poste de la fidélité, lorsque fut décrété le dogme de l’infaillibilité pontificale ; il assista au concile depuis son ouverture jusqu'à sa quatrième et dernière session, et quand on vint lui demander son vote sur cette définition, ce fut avec un bonheur indicible qu'il répéta solennellement la formule usitée : Placet.”

Il était à peine moins âgé que l’illustre pontife qu’il a tant aimé : aussi songea-t-il au retour à célébrer ses noces d’or, et à remercier Dieu, qui depuis “ sept fois sept “ans l’admettait au saint autel, #mmolo

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“ quotidie Immaculatum Agnum in altari.”

Il invita tous ses diocésains à prier pour lui et à s'associer à sa gratitude envers le Seigneur. Ce fut le Canada qui répondit tout entier, et l’année suivante, 1872, il se vit entouré à Montréal,dans un jubilé universel, des congratulations de tout l’épiscopat canadien, d’un grand nombre des membres de la législature et de tout ce que le clergé, la magistrature, les professions libérales et le commerce comptaient d'hommes éminents.

On ne demandera pas si les zouaves y étaient! Ce fut une fête pleine d'ivresse et d'abandon. Pour un jour, on oublia tous les soucis, et on s’associa cordialement pour présenter à Sa Grandeur les félicitations les plus chaleureuses.

Mais les années s’accumulaient. Il fut bientôt nécessaire de choisir un coadjuteur au vieil évêque. Bien des noms d'hommes éminents furent prononcés ; celui qui fut choisi était un de ces prêtres que Dieu garde pour les circonstances difficiles, et dont l’inaltérable longanimité triomphe à la fin de tous les embarras. Depuis longtemps familiarise avec l'administration, M. l'abbé Ed. Fabre avait su gagner les sympathies de tous par ses manières affables, son dévouement à la jeunesse, la régularité et l’austérité de sa vie. Esprit

conciliant, modéré, ami de la paix, il répugnait aux éclats. Il était aimé du sémi- Maire, où il avait fait une partie de ses létudes, estimé du clergé qui appréciait son zèle, populaire parmi les Montréalais, là cause de ses services et de sa famille.

Il accepta et commença cette carrière d’in- E fatigable dévouement que nous lui voyons poursuivre depuis près de douze ans.

ÿ Ce fut un grand soulagement pour Mgr : Bourget ; mais des difficultés nouvelles : surgissaient de toutes parts ; ses infirmités augmentaient, 1l commençait à croire qu’il ne pouvait porter plus longtemps le poids d’une si laborieuse administration, et en 1876 il demanda au Souverain Pontife d’en être déchargé.

Il voulait passer dans la retraite et la contemplation des années éternelles les derniers jours de son existence. Le père de la catholicité jugea qu'il avait assez chèrement acheté le repos; cependant il désira lui donner une dernière marque de son estime, et le nomma archevêque de Martianopolis au moment où il quittait le champ de bataille, comme au soldat au moment de la retraite on donne la croix d'honneur.

Il se retira au Sault-au-Récollet, à la résidence de Saint-Janvier, tout près du noviciat des RR. PP. Jésuites et du cou-

vent des Dames du Sacré-Cœur qu'il avait ramenés en Canada.

Depuis ce jour, il se consacra aux études ecclésiastiques, à la prière et à la réception de nombreux amis qui venaient prendre ses conseils et sa direction.

Un jour une nouvelle à laquelle il devait s'attendre depuis déjà longtemps, vint le troubler dans sa paix : l'évêché, qu’il avait laissé très obéré, arrivait à la perte de ses biens et était obligé de faire un appel au clergé et aux fidèles pour liquider la situation.

Le vétéran reprit son bâton; il avait tant quêté dans sa vie, tant demandé et tant obtenu, qu'il pensait ne pas devoir être plus mal accueilli que de coutume,

Il se fit à son tour le coadjuteur de son successeur : il lui devait bien cela! pensait-il. Et il alla de paroisse en paroisse, et l'honneur de l'évêché de Montréal fut sauvé, grâce aux généreuses contributions des fidèles, du clergé et de Mgr Fabre qui, lui surtout, n'épargna pas les sacrifices.

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