‹ Monseigneur Joseph-Octave Plessis, premier archevêque de Québec. Par L.O. DavidChapitre 16 sur 29 · SES OBSÈQUES · texte numérisé non relu

SES OBSÈQUES

Le vendredi eurent lieu les obsèques. Ce fut surtout en ce jour que l'on vit de quelle estime M. Prévost jouissait parmi ses compatriotes et les citoyens de Ville-Marie de toute origine et de toute croyance. Près de huit mille personnes assistaient au service religieux. " En cela, observe la Minerve, la population de Montréal ail voulu montrer aux Messieurs du Séminaire toute la part ^ qu'elle prenait à la douleur et à la perte qu'ils venaient de faire, et donner une dernière marque d'amour et d'affection au regretté défunt. Nous pouvons dire qu'elle a parfaitement justifié ses traditions d'amour et de reconnaissance, dont elle n'a cessé d'entourer ses vénéra- , blcs pasteurs.

" Malgré le temps incertain, continue le même jour-

nal, Une foule immense avait envahi les vastes nefs de l'Eglise de N. D., et se pressait autour du catafalque où reposaient les restes mortels de celui qu'elle pleurait. L'Eglise était comble, comme aux jours de grandes fêtes. Chaque famille semblait y être représentée. La Société de St. Jean-Baptiste, dont M. Prévost avait été si longtemps le chapelain, y assistait en corps. Les enfants des Frères des Ecoles-Chrétiennes, pour lesquels le zélé prêtre avait toujours montré un intérêt si marqué, remplissaient les galeries. Les nefs latérales étaient occupées par nos différentes Communautés, qui ne sont jamais indifférentes à nos calamités publiques ou particulières. Enfin les élèves du collège de Montréal, dont M. Prévost avait été si longtemps la gloire et l'ornement, et ceux du Grand Séminaire, assistaient aux obsèques du bien aimé défunt.

** Le service funèbre fut chanté par le Révérend Mcssirc Granct, Supérieur du Séminaire, assisté du vénérable M. Porlier, curé de la Pointe-aux-Trembles, ancien curé de Terrebonne, et de Messire Toupin, attaché à l'église de St. Patrice. Au chœur, parmi une foule de prêtres distingués, accourus des divers points du diocèse, et même de celui de Québec, et de St. Hyacinthe : on remarquait M. le Grand-Vicaire Truteau, de l'Evêché de Montréal, et plusieurs cha-

noînes, M. Taschereau, recteur de l'Unîvcrsité-Lal Mgr. Morisson, curé de St. Cyprieu et ancien condisciple du défunt, Mgr. Vinet, curé du Sault-au-Récollet, le Rev. P. Sache, recteur du collège Ste. Marie, le Rév. ■I P. Aubert, supérieur des Oblats, M. LaRocque, curé de St. Jean, M. H. Verreau, principal de l'Ecole- Normale, M. Pépin, curé de Bourcherville, le Rév. P. Rezé, supérieur du Collège St. Laurent, M. Rhester, curé de St. Athanase, M. le Directeur du Séminaire de Ste. Thérèse, M. Brassard, curé de Vaudrcuil, etc., etc. A l'orgue, un chant des mieux organisés, sous l'habile direction de M. Perrault, faisait entendre de ces voix mâles et vigoureuses, auxquelles la nature de la cérémonie ajoutait encore ce cachet de grandeur et de piété qu'on ne retrouve que dans l'église catholique.

" Après l'absoute, les restes mortels de M. Prévost furent descendus dans les caveaux des Messieurs du Séminaire, où reposent déjà les cendres de tant de saints prêtres. Le bon prêtre n'est plus, mais sa mémoire sera toujours en bénédiction."

Touché du concours si général des fidèles, le Rév. Messire Giband, les remercia publiquement le dimanche suivant, tout en faisant de celui qui en avait été l'objet un éloge bien mérité. Nous demandons pardon à l'illus-

tre orateur, si nous ne rapportons pas bien fidèlement

ses paroles :

M. F. ; J'ai à vous remercier, dit-il à peu près en ces termes, au nom de M, le Supérieur, de tous mes confrères et en mon propre nom, de votre nombreuse assistance aux funérailles de M. Prévost, si digne de vos regrets. Nous ne nousr attendions à rien moins de votre part. La perte de ce bon et aimable confrère dans un âge relativement peu avancé, nous a causé une vive et profonde douleur, qui ne s'effacera pas de sitôt. Mais cette douleur a été singulièrement soulagée par les témoignages d'estime, d'affection et de respect que vous n'avez cessé de donner à notre cher défunt. Assurément il en était digne, lui qui depuis nombre d'années ne vivait que pour vous. Et sa mort prématurée, amenée sans doute par les fatigues accablantes de son ministère, ne nous autorise-t-elle pas à dire que, comme le Bon Pasteur, il a donné sa vie pour ses brebis f

Regrettez-le donc vivement ce digne prêtre, ce bon

pasteur, ce tendre père, qui vous a tant aimés. Ne vous

bornez pas à de stériles regrets : priez pour le repos de

son âme, faites des communions à son intention, afin

que, si elle est encore retenue par la justice de Dieu

dans la prison du Purgatoire, elle puisse en sortir au

plus tôt et aller jouir de la vue de son Bien- Aimé.

Ainsi tout s'est réuni pour verser, avec la prière, des larmes sincères sur la tombe de l'humble sulpicien. qui comme son divin modèle, a passé en faisant le hien, pertransiit bene/aciendo. w

Puisse son souvenir vivre toujours dans l'esprit de notre population si religieuse ! Puisse l'histoire de sa vie être, pour tous, une continuelle exhortation à la piété, à la charité, à toutes les vertus !

Dihctus Deo et hominihus ; cvjns memoria in henedictione est.

Aimé de Dieu et des hommes, sa mémoire est en bénédiction. (Eccli. cap. 45 .v. 1)

EETRAITE DE 1848. O

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