‹ MonseigneurChapitre 32 sur 48 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

— Comment, drôle ! tu as la prétention...

— Non, prolesta Landry. Je reconnais que vous avez eu l'idée de ce hardi coup de main, que vous l'avez préparé et exécuta avec beaucoup d'habileté, et que, par conséquent, vous méritiez la part du lion. Cela n'empêche pas que j'ai, été un sol de me contenter des vingt mille livres que vous avez jeté»s en pàlure à ma naïveté.

— Ainsi, lu i)iélendais obtenir le double? «— Pas davantage, monsieur, vous l'avez dit. Le baron se mil à rire et haussa les épaules.

MONSEIGNEUR 8GT

— Prenez-y garde, monsieur ! C'est très sérieux. ! fit Landry eu hochant la tête. Il y a de par le monde un gentilhomme, qui est assurément très-désireux. de connaître j)ar le menu tout ce qui vous concerne, Ce gentilhomme m'a tendu la main et m'a littéralement empêché de mourir de faim. Or, je lui ai en i)arlie raconté mon histoire; il sait que je vous connais; il a deviné qu'entre vous et moi il y avait un secrel de quehiue importance, et il m'a offert une récompense considérable pour le lui livrer. J'ai refusé. Je voulais vous voir avant de rien accepter ; mais je lui ai promis, si je n'obtenais pas satisfaction...

— Quelle fable me racoiiLes-tu la? Ui quel gentilhomme s'agit-il ?

— Je ne puis pas vous dire son nom, mais il doit vous être facile de le deviner. Donc choisissez : faut-il me taire? faut-il parler? Selon (lue vous prononcerez, j'agirai.

Le baron n'avait plus déjà cet air délibéré qu'il affectait au début de Tentretieu.

— Où et quand as-tu vu ce gentilhomme? demanda-t-il.

-- Cela ne vous regarde pas et n'a aucun rapport avec le marché que je vous propose. Ainsi, dépêchez-vous.

— Mais quand dois-tu le revoir ?

— Vendredi matin.

— Ai)rès-demaiû? Alors j'ai près de quarante-huit heures pour te donner ma réponse?

— Du tout, il faut absolument que je l'aie demain soir, répondit Landry. Et rappelez-vous bien, ajouta-t-il, que je ne me contenterai pas d'une simple promesse.... qu'il me faut de l'argent comptant...

— Oh ! je comprends... lit le baron. Eh bien ! soit.... Tu am-as tes vingt mille livres.

— Donnez-les donc et finissons-en.

— Un instant, que diable! se récria M. de Pierre-Lisse. Tu conçois bien que quand on vient passer* quelques jours à la campagne, chez un ami, on n'emporte pas dans sa i)Oche une somme de cette importance...

Landry ne fut pas maître d'un geste de dépit.

— 11 faut donc que j'aille à Paris demain matin pom- me la procurer et que je te l'apporte.

— Qu'à cela ne tienne! J'irai à Paris avec vous, proposa Landry.

— Non pas ! se défendit vivement le gentilhomme. 11 ne faut pas qu'on nous voie ensemble. Rassure-toi, du reste, reprit-il. Je suis ici avec ma fille, et j'irai seul à Paris.

— Ah! cette jeune femme, en compagnie de laquelle je vous ai vu ])asser... c'est votre fille?

— Donc, continua le baron, tu es bien certain que je reviendrai et que je ne l'échapperai j)as.

— En eilet... dit Landry. Dans tous les cas, je saurais bien où vous retrouver maintenant.

— Alors c'est convenu?

— uui. A quelle heure voulez-vous que je me présente ici demain V

Vers cinq heures, comme aujourd'hui, répondit M. de Pierre- Lisse; mais tu

me jures que, cette fois, je serai pour jamais à l'abri de toute réclamation?

Je vous le jure ! promit solennellement Landry.

— Alors à demain, lit le baron en le congédiant du geste. Landry s'éloigna. Le gentilhomme descendit en môme temps que lui et le suivit des yeux, jusqu'à ce qu'il eût vu se refermer derrière lui lalourde porte d'entrée. Il poussa un long soupir de soulagement.

L'imbécile ! murmura-t-il avec une joie mal contenue.

Mais cette gaité fut de courte durée. L'arrivée de Landry forçait son ancien maître à précipiter le dénoûment qu'il avait préparé.

Ou bien il fallait verser entre les mains de ce coquin les vingt. mille livres qu'il réclamait, ou bien il fallait se soustraire à ses réclamations et aux indiscrétions dont il avait menacé son ancien maître.

Or, le baron ne se souciait pas de donner ces vingt mille livres, ni de prendre la fuite les mains vides. Donc, il importait, le soir même, d'en finir avec M. de Bellaire et d'encaisser les trois cent mille livres qu'il s'était engagé à payer, en échange de la plus honteuse complicité.

Le baron foula aux pieds les scrupules qui l'avaient un instant arrêté et résolut la perte de Marcelle.

Précisément, au moment où il se dirigeait vers le pavillon, il la rencontra qui s'en revenait, appuyée sur le bras du marquis et boitant légèrement. Marcelle laissa ensemble les deux gentilshomme et remonta dans sa chambre. Elle avait eu réellement toutes les peines du monde à se traîner jusque-là. L'indignation et la colère l'étouffuient, son cœur était prêt d'éclater.

Elle venait, en effet, d'avoir avec le vieux gentilhomme, dans ce pavillon du bord de l'eau, une conversation qui ne pouvait plus lui laisser aucun doute sur la nature du hideux trafic dont elle était l'objet.

Tout en l'assurant du respect qu'elle lui inspirait, le marijuis lui avait fait très nettement l'aveu de son amour et, comme elle le menaçait de se plaindre à sou père, il s'était mis à rire.

Marcelle lui ayant demandé compte de cette nouvelle impertinence, M. de Bellaire ne lui avait pas caché qu'il avait offert au baron une somme considérable et que celui-ci Pavait acceptée.

— Or, il me i)resse, avait-il dit, de tenir l'engagement que j'ai pris envers lui, mais je ne jmis le faire que si vous consentez...

C'est au moment où le marquis prononçait cette phrase, que le brigadier passait devant ia fenêtre du j)avillon et se faisait reconnaître de la jeune fille.

Marcelle s'était levée, ne pouvant en entendre davantage, bien décidée à solliciter de son père une explication. La ruse à laquelle elle dut recourir pour dissimuler le irouble que la vue de Papillon lui avait causé, interrompit tout naturellement l'entretien et lui fournit un excellent prétexte pour échapj.'er aux nouvelles perséculions dont elle était l'objet.

Si infâmes que fussent les révélations de sa mère, dans les pages où la pauvre martyre fiélrissait la conduile ce son séducteur, si horriDfe que tût l'accusation

Le souper fut silencieux (Page 874.) que M-"* de Libessac avait élevée contre le baron, Marcelle ne pouvait pas croire que cet homme, qui était son père, qui l'avait autiienliquement reconnue, qui la disputait à l'amitié du duc et de Raymonde,fût vil et méprisable au point de la jeter pour une poignée d'écus entre les bras d'un vieux débauché, dont elle ne pouvait môme pas être la femme.

Et pourtant, elle n'en pouvait pas douter. Le marquis le lui avait fait entendre lOO-^'Lnr. * 109

si clairement, qu'elle se demandait si une explication était nécessaire et en quels termes elle la réclamerait.

Pendant ce temps, le vieux gentilhomme avait mystérieusement entraîné le baron dans une des allées les j)lus ombragées du parc, dont il interrogeait d'un œil efTaré les sombres profondeurs.

Quand il fut certain que personne ne pourrait les entendre, le marquis raconta à M. de Pierre-Lisse ce qu'il avait vu pendant qu'il était avec 3Iarcelle dans le pavillon du bord de lOise.

L'homme (jui avait passé, qui avait toussé, était-il un simple promeneur •> Etait-ce ;)U contraire un ami de la jeune fille? Ne venait-il à iXeuville que pour se faire reconnaître ? Le petit cri qu'elle avait jeté étail-il un cri de surprise ou véritablement un cri de douleur?

Telles furent les questions que M. de Bellaire soumit au baron.

Celui-ci l'avait écouté avec attention. Son front, déjà ridé par l'inquiétude, s'était encore assombri.

— Mais cet homme, demanda-t-il, comment est-il ? Pouvez-vous me faire son portrait !

— Non, répondit le vieux gentilhomme, je n'ai pas vu son visage.

— Il ne s'est donc pas aiTÔté un instant ?

— Du tout, il a continué son chemin sans broncher.

— Etait-il armé ?

— Peut-être, mais il ne portait pas d'épée. Il marchait d'un pas lent et tranquille, les mains dans les poches, regardant l'eau, le ciel, les arbres, indifférent en api)aience à tout ce qu'il voyait.

— Eh bien ! fit le baron, cet homme-là ne m'a pas Pair très dangereux.

— Est-ce bien réellement votre avis ?

— Oui. Dans tous les cas, rien n'est plus facile que de prendre quelques précautions. Armez quelques-uns de vos jardiniers et de vos laquais, recommandezleur de faire bonne garde.

— Certes, je n'y manquerai pas, promit le marquis ; mais il serait bien plus simple d'en finir avec vos tei-giversations.

L'œil de M. de Pierre-Lisse brilla d'un éclair de joie. Le vieillard en venait de lui-même an i)oint où le baron voulait ramener.

— Eh ! je ne demanderais pas mieux, dil-il, mais Marcelle...

— Oh ! ne comptez pas sur elle, interrompit M. de Bellaire. Je l'ai interrogée tout à l'heure ; je lui ai fait compiendre que votre avenir et le sien ne dé|)endaient absolument que de sa soumission à nos désirs... Elle s'est levée, le rouge de la colère au front, la lèvre frémissante... Je ne sais comment je m'en serais tiré si, sur ces entrefaites, l'homme dont je vous ai signalé la présence n'avait détourné notre attention.

— Vous voyez bien qu'il n'y a pas de ma faute, 'dit le baron.

— Oh ! pardon, se récria le vieux gentilhomme, vous ne faites pas preuve de la bonne volonté que j'étais en droit d'attendre, à la suite des promesses que nous avions échangées le soir même de notre ariivée.

— Est-il donc possible d'agir autrement que je l'ai fait?

— Certainement.

— De quelle façon ?

— Je vais vous le dire, puisque vous feignez de ne pas le comprendre, répondit le marquis. Un homme est venu vous demander il n'y a qu'un instant..,

— C'est vrai.

' — Quel est cet homme ?

— Un de mes anciens domestiques.

— • Que voulail-il?

— Il venait me prier de le reprendre à mon service

— Marcelle le connaît-elle ?

— Elle ne Fa jamais vu.

— Alors, repiit M. de Bellaire, rien ne vous empêche de lui dire que cet homme est venu vous entretenir d'une affaire urgente et qui nécessite votre présence immédiate à Paris.

— C'est en effet très-facile.

— Eh bien ! y êles-vous, à présent?

— Pas encore, fit le baron avec un clignement répété des paupières — indice certain chez lui d'un trouble ou d'un embarras (iuelcon(|ue.

Le vieux, gentilhomme sourit d'un air de commisération profonde.

— Alors, je continue, dil-il. Vous parlez ou vous feignez de partir pour Paris aujourd'liui môme, en promellanl que vous reviendi-ez demain malin à la première heure. Vous revenez ou vous ne revenez pas... peu m'importe! et tout est dit.

— Sans doute... balbutia le baron. Le procédé est simple... un peu brutal., mais...

Il hésitait à achever cette phrase alambiquée.

— Allons, poursuivez, fil le marquis avec impatience.

— Mais les trois cent mille livres? objecta le baron.

— Ah ! c'est juste, répondit le riche seigneur avec un ricanement cynique. Eh bien ! ces ti-ois cent mille livres... je vous les donnerai en un bon payables à vue chez mon banquier.

— Quand ?

— Au moment où vous partirez.

— Aujourd'hui môme alors.

— A l'instant, si vous voulez partir à l'instant.

— Ne irouvez-Yous pas qu'aux yeux de Marcelle ce départ immédiat pourrait sembler un peu précipité ?

— Peut-être.

— Tandis que si je m'en allais seulement après souper...

— Comme il vous j)laira.

— Alors c'est bien convenu?

— Parfaitement.

— Donc, préparez votre bon, dit M. de Pierre-Lisse. Je vais annoncer cette nouvelle à ma fille... mais, pour le reste, ne comptez pas...

— Le reste me regarde, fit le vieillard avec un horrible regard. Ne vous en occupez pas.

Du geste il montra le château au baron et le regarda s'éloigner avec un air de mépris insultant.

Le baron ne s'en aperçut pas ; mais, l'aurait-il vu, il ne s'en serait pas formalisé. C'en était fait! Il avait abjuré toute pudeur, bu toute honte, il avait vendu sa fille !

Ah ! c'est que trois cent mille livres étaient un joli denier pour ce misérable, qui avait, sans se rassasier jamais, épuisé lous les plaisirs et que sa pauvreté sevrait toujours des jouissances qu'il regrettait si amèrement depuis si longtemps.

Il se dirigeait à pas lents vers le château et récapitulait, chemin faisant, les événements récents auxquels il avait été mêlé.

Chose étrange! il n'avait j)lus cetle incroyable confiance, qui lui permettait de braver lous les obstacles. L'arrivée de Landry semblait lui avoir porté un couj) fatal.

Ce Landry, en effet, ce complice d'un crime encore mal défini, mais hoiTible assurément, devenait pour lui une épée de Damoclès. Puisqu'il se l'eprésentait, au bout de vingt ans, pour réclamer une somme égale à celle qu'il avait déjà reçue, pourquoi ne reviendrait-il pas plus tard la réclamer une troisième fois?

D'ailleurs, le baron ne se serait résigné pour rien au monde à prélever ces vingt mille livres sur une fortune si restreinte et si péniblement acquise !

Alors à quelle résolution s'arrêter? Quel était ce gentilhomme à qui Landry devait tant et qui était si directement intéressé à connaître l'histoire lugubre du forfait que le gentilhomme avait commis ? Elait-ce le duc de la Tournaye?

Peut-être oui. En ce cas, il importait au baron de se mettre à l'abri. Lucien, poussé à bout, serait capable de faire intervenir la police dans la lutte qu'il soutenait contre M. de Pierre-Lisse.

Donc la plus élémentaire prudence conseillait de disparaître au plus tôt.

— Oui, murmurait le baron, en franchissant la première marche de l'escalier qui le conduisait à la chambre de sa fille, dès ce soir, je partirai.

iMarcelle, de son côté, se voyait prise plus avant d'heure en heure dans les fils d'une odieuse intrigue et se tenait sur ses gaides,

Elle ne doutait pas de Martial. Elle savait bien que le comte veililat sur elle; la présence de Papillon à Neuville lui en avait donné la preuve; mais arriveraitil à temps poui" l'arracher aux tyranniques exigences qu'elle subissait?

Une terrible anxiété s'était emparée d'elle. Ses regards inquiets observaient tout ce qui se passait autour d'elle. Atienlive à tous les bruits, elle prêtait avidement l'oreille et serrait de sa main crispée un couteau à lame aiguë que, le malin, pressentant de nouveaux dangers, elle avait dérobé sur la table.

Au moment où l'on frapj)ait discrèlemenl à sa porte, elle tressaillit et glissa rapidement le couleau dans son corsage.

— Entrez ! dit-elle d'une voix qu'»;lie s'eflbrça d'affermir.

Elle ne se sentit qu à moitié rassurée lorsqu'elle vit paraître son père. • 11 se présentait, pourtant, le sourire aux lèvres et le visage épanoui.

— Ma clîèi'e enfant, dit-il, j'ai reçu, aujourd'hui, une visite malencontreuse On est venu m'annoncer, officieusement, qu'un homme à qui j'ai confié une partie de ma fortune est sur le point de faire faillite. Je ne suis malheureusement pas assez riche pour négliger un avis de si grande valeur. Il faut donc que, ce soir même, j'aille à Paris.

Marcelle eut un mouvemement de joie naïve.

— A quelle heure parlons-nous? demanda-t-elle.

— Non, tu ne pars pas avec moi, fil le baron toujours souriant. Je serai ici demain à la première heure, il est donc inutile que je t'emmène. Cela nécessiterait un déploiement de chevaux et de carrosse qui me retarderait beaucoup trop. Or, en pareille occasion, il faut agir avec la rapidité de la foudre.

La jeune fille le regardait d'un air soupçonneux.

— Au contraire, continua-t-il à demi voix, je ne veux même pas qu'on s'aperçoive de mon absence. Je n'en dirai donc rien au marquis, et je te prie de n'en pas ouvrir la bouche devant lui.

— Comment ! s'écria Marcelle, vous allez me laisser seule dans cette maison avec cette homme !

— Mais il l'ignorera... objecta M. de Pierre-Lisse.

— Vous ne savez donc pas ce qu'il a osé...

— Je ne sais rien et je ne veux rien savoir, interrompit le gentilhomme. Je désire qu'il en soit ainsi, cela doit te suffire. Il sérail vraiment ridicule que, dans une affaire de celte importance, je reculasse devant les timidités exagérées d'une petite fille comme toi.

— Cependant, mon père...

— Assez! fit sèchement le baron. Telle est ma volonté; j'exige que lu l'v cc'nformes aveuglément. Bien plus (jue toi j'ai souci de ton honneur, qui esl le mien. Si tu me vois si calme, c'est que lu ne cours aucun danger.

En mon absence, tu n'en restes ])as moins sous ma protection, ])uisque nul ne saura que je ne suis pas là.

Marcelle courba la tête en frissonnant.

— Allons, je vois que tu es devenue raisonnable, poursuivit son père avec douceur. Donc, plus d'appréhensions stériles. Garde-moi le secret, c'est tout ce (jue je te demande.

A ces mots, il l'attira à lui et déposa sur son front un baiser affectueux. La jeune fille aviit relevé sur lui ses grands yeux noirs et l'inleriogeail du regard. Ce baiser lui biûlait le front.

— Est-ce le baiser de Judas? se demandait-elle.

Quant à son père, il ne sourcilla pas. Il la quitta en posant un doigl sur ses jèvres {)Our lui recommander le silence.

Une heuie après, un domestique vint annoncer à Marcelle que le sûui)er était servi.

Elle avait bien songé à s'excuser et à garder la chambre, mais elle ne i'QSdil

pas. D'uillenrs, en l'élat de perplexité où elle se trouvait, il était de son intérêt de ne négliger aucun indice.

Elle descendit et se mit à table

Le souper fut silencieux. Le service se faisait avec une lenteur désespérante.

Marcelle, qui ne touchait à aucun des mets qu'on lui présentait, observait tour à tour, à la dérobée, son père et le manjuis. Était-ce une illusion? Entre les deux gentilshommes, il lui sembla surj.'rendre des signes d'intelligence imperceptibles.

Ce qui était certain, c'est que le vieillard dardait sur elle, avec plus d'elïronterie que jamais, des yeux dont l'expression la faisait trembler.

A la fin du repas, elle ne doutait plus que M. de PieiTe-Lisse fût devenu le hideux complice d'un complot dont elle ne comprenait que trop l'infamie.

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