‹ Monseigneur Provencher et les missions de la Riviére-Rouge [microforme]Chapitre 26 sur 79 · J. N. PROVENCHER, PTRE · texte numérisé non relu

J. N. PROVENCHER, PTRE

de Dieu; je gnances, paurelles, etc., m'en coûte > plus grand ant fardeau.

prières, ue contre la nent le plan, bien qu’un la religion onseigneur as songer à faire grand Jurral, mais ût mes seneux que l’on e de merenait résulter ment ce que ranchise ce eaucoup de ères et votre iniquer ces mettez-moi

deur serviteur,

R, Prre.””

La réponse que M. Provencher reçut de Mgr Lartigue fut tellement encourageante et remplie de considérations élevées, qu’elle fit taire ses répugnances, et mit fin aux hésitations qu’il avait apportées à l’acceptation du fardeau de l’épiscopat.

Le 19 mars, jour de la fête de saint Joseph et fête patronale de Mgr Plessis, M. Provencher offrit à son évêque son acte de résignation.

2 ‘La lettre que j'ai reçue de Mgr de Telmesse, lui He ‘‘dit-il, m’a beaucoup consolé et rassuré ; elle m'a } ‘‘aidé à me rendre à vos vues. J'accepte en trem-

“blant le fardeau qui m’est imposé pour la puni- “tion de mes péchés, et pour le salut des infidèles | “confiés à mes soins.

‘ Dieu se sert souvent de ce qu’il y a de plus “vil pour opérer de grandes choses; c’est sous ce ‘ point de vue que je me considère. Soyez désor- ‘mais sans inquiétude sur mon compte, j’attendrai ‘les événements ; et pour preuve de ce que j’a- ‘vance dans cette lettre, je me souscris (entre nous) ‘‘ du nom de mon titre épiscopal ; c’est le bouquet ‘que je vous présente pour votre fête; soyez sûr “qu’il vient du cœur.

‘ Je suis, avec le plus profond respect, ‘Monseigneur, ‘‘ de Votre Grandeur ‘“le très humble et très-obéissant serviteur,

ŸfJ. N., Ev. DE Juriopoz1s.”

Mgr Plessis n'avait jamais douté du succès de son entreprise ; il savait que Mgr Provencher

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(nous l’appellerons maintenant par son titre), malgré toutes les objections apportées dansses lettres, avait l’Âme assez grande pour faire à l’Eglise et à son pays le sacrifice qui lui était demandé. Quelques jours avant de recevoir cette dernière lettre, il avait dit à Mgr Provencher : ‘ Nos affaires n’avancent guère; mais si la Providence vous veut à ‘““la Rivière-Rouge, elle trouvera bien moyen de ‘ vous y rendre.”

Désormais il n’avait plus qu’à le remercier et à le féliciter pour cet acte de dévouement à la gloire de Dieu et au salut des âmes.

Mgr de Telmesse et Mgr de Saldes, coadjuteurs de Mgr Plessis, écrivirent en même temps à Mgr Provencher, pour lui exprimer la joie que leur causait l’acceptation de ses bulles.

Consolé et fortifié par les lettres de ces trois évéques, Mgr Provencher écrivit à Mgr Plessis pour lui dire que le calme était revenu dans son âme, et qu’il se jetait avec confiance dans les bras de la Providence, qui conduit tout.

‘ YVamachiche, 3 avril 1821.

‘ J’ai reçu, hier, l’honneur de votre lettre du 31 “mars ; je suis content que ma dernière lettre vous ‘© ait pleinement satisfait. Je crois bien qu’il eût ‘ mieux valu peut-être accepter du premier coup. ‘* J'avoue qu'il est difficile de ne pas voir le doigt ‘ de Dieu dans ce grand ouvrage. Je n’ai point

on titre), malns ses lettres, l'Eglise et à

nandé. Quelnière lettre, affaires n°’a-

vous veut à moyen de

mercier et à t à la gloire

coadjuteurs mps à Mgr ue leur cau-

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fait de bruit à l'extérieur; le voulu sonder, “ consulter, etc. Condamné de toutes parts, il

| “ m’a fallu me rendre. Dieu soit loué! je serai

‘ évêque, comme j'ai été tout le reste, par sa pure ‘ miséricorde ; il m’a tiré de bien loin pour m'é- “lever au rang sublime des premiers pasteurs ; ‘ priez-le de me faire la grâce de correspondre à ‘ ma sainte vocation, de peur qu'après avoir pré- ‘ ché la foi aux nations assises dans les ombres ‘ de l’infidélité, je ne sois moi-même exclu du “ royaume de Dieu. Je serai économe, autant que ‘{ je le pourrai, de mes revenus, pour être en état ‘ de supporter les frais de ma consécration et de

0 ‘ mon retour à la Rivière-Rouge.”

Le premier plan de Mgr Plessis avait été de renvoyer M. Provencher à ses missions au mois de mai 1821. A ce sujet, il avait parlé aux agents des compagnies, pour savoir s'ils seraient disposés à offrir un passage aux missionnaires, car Mgr Provencher devait emmener un compagnon avec lui.

D'un autre côté, Mgr Provencher avait insisté à deux reprises, dans ses lettres à Mgr Plessis, pour obtenir de différer son départ jusqu’à l’année 1822, afin de donner aux compagnies de traite le temps de s'entendre, et de régler entre elles leurs affaires d’une munière définitive. La mort de lord Selkirk, arrivée le 8 avril 1820, devait nécessairement amener un changement dans la situation de la colonie. R

Les deux compagnies du Nord-Ouest et de la baie d'Hudson, fatiguées des luttes ruineuses

qu'elles poursuivaient l’une contre l’autre, parlaient d'en venir à des arrangements, et de se réunir en une seule société. D’un autre côté, on ne savait pas, à Québec, si une telle fusion serait favorable à la colonie et à la mission catholique. En attendant, il fut décidé que Mgr Provencher passerait encore une année en Canada, et que sa consécration serait retardée jusqu’au moment de son départ, afin de lui laisser, comme il le désirait, plus de temps pour se préparer à entrer dans les hautes et sublimes fonctions de sa nouvelle dignité.

Monseigneur Plessis lui écrivit pour lui faire connaître la détermination qu’il prenait de le laisser encore un an à Yamachiche: puis il lui dit: ‘On parle d’un traité de paix entre les deux ‘* sociétés d'Hudson et du Nord-Ouest. Je ne sais ‘si la religion y trouvera son compte, ni si la ‘{ colonie de la Rivière-Rouge subsistera, supposé ‘que ce lot tombe dans le partage du Nord- ‘ Ouest. La suite fera voir ce qu’il faut en penser. ‘ Si, comme je n’en doute pas, Dieu a des des- ‘‘ seins de miséricorde sur cette partie du nou- ‘veau monde, il trouvera bien moyen d’y sou- ‘tenir et d’y propager son royaume. A tout ‘‘ événement, préparez-vous à remplir ce grand ‘‘ ministère, et trouvez bon que je vous dise, com- ‘me Dieu autrefois au chef d’un grand peuple: ‘€ confortare et esto robustus ; ou comme saint Paul ‘à son disciple: Aftende lectioni, exhortationi, et ‘€ doctrinæ. C’est en vous sanctifiant de plus en

autre, pars, et de 8e re côté, on sion serait :atholique. Provencher , et que sa noment de e ille déer à entrer de sa nou-

r lui faire ait de le uis il lui e les deux Je ne sais , ni si la , supposé du Nordn penser.

des desdu noud’y sou- A tout ce grand ise, compeuple :

int Paul ationi, et plus en

“plus vous-même, en vous instruisant tous les ‘jours, et en exerçant votre zèle en faveur des ‘ fidèles qui se trouvent passagèrement et acci- ‘ dentellement sous vos soins, que vous prélu- ‘ derez aux travaux plus pénibles et plus impor- ‘ tants de la grande œuvre à laquelle vous vous ‘ êtes consacré.

‘J'écris de tous côtés pour assurer le sort de ‘ la mission de la Rivière-Rouge, au maintien de ‘ laquelle tient le salut de tant d’âmes éparses ‘“ sur l'immense territoire destiné à l'exercice de ‘ votre sollicitude. De votre côté, priez pour le ‘ salut de ces peuples, comme je le fais chaque ‘jour. Vos prières, plus que les miennes, obtien- ‘“ dront quelque chose du ciel en leur faveur.”

En acceptant de devenir évêque de la Rivière- Rouge, Mgr Provencher savait qu’il adoptait une nouvelle patrie, où il s’en allait mourir pour répondre à la volonté de Dieu. Tout rempli de l’idée de la haute dignité dont il va être revêtu, et des importants devoirs que lui imposera cette charge, il va employer maintenant tous les instants qui ne seront pas strictement dus aux fidèles de sa paroisse, à prier, à étudier, et à se renseigner sur tout ce qui pourra assurer l’avenir de sa mission.

Le 7 octobre 1821, il écrivait à Mgr Lartigue :

‘© Je viens d'achever de lire le traité De /a sain- ‘€ teté et des devoirs de l’épiscopat, que Mgr de Qué- ‘ bec m'avait fait passer, à son retour du golfe.

‘6 Ce traité, rembli de citations des saints Pères de tous les siècles, ainsi que des canons des ‘ conciles, ne flatte pas les évêques. Il donne une haute idée de cette dignité, mais en ne l’appuyant que sur les plus sublimes vertus. C’est dommage que je ne l’aie pas lu plus tôt ; il m’aurait fourni des armes dans le combat trop faible ue j’ai livré pour me défendre d'accepter ce ardeau.

*‘ Quelle idée a-t-on ma’ntenant, à Montréal, de la mission de la Rivière-Rouge ? Le Nord-Ouest jusqu'ici a fc: mé l’opinion publique. Leurs sentiments avaient gagné toutes les classes, laïques et ecclésiastiques. Je désirerais savoir ce que l’on en pense cet automne.

‘ La réunion des compagnies a dû opérer un changement dans la manière de voir du Nord- Ouest. La colonie devient maintenant leur ouvrage, parce qu’ils doivent entrer dans les vues de la Compagnie de la baie d'Hudson, dans laquelle ils se sont fondus. S'ils en parlent même avec indifférence, c’est beaucoup, parce qu'’auparavant ils n’en parlaient pas sans animosité. C’est surtout sur la mission que je désire savoir ce qu’ils pensent. Lord Selkirk a senti lui-même, après avoir visité le pays, qu’il fallait une mission catholique pour civiliser des gens entièrement sauvages.

‘ La politique l’a porté à la demander et la même raison portera ses successeurs à la favoriser. Nous avons plus colonisé en deux ans, ‘ sans frais, que lui pendant 10 ans, avec des frais ‘immenses. Notre présence a attiré, de tous côtés, ‘° des gens répandus sur la vaste surface de ces ‘“ terres, et qui n’y seraient jamais venussans nous. ‘ Le changement a étési grand, aux yeux de ceux ‘ qui vivaient depuis longtemps dans le pays, qu’on

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