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Québec avec M. Blanchet, remplaça M. Demers à Saint-Boniface.
Le départ de ces deux courægeux missionnaires pour la Colombie fut un véritable bonheur pour Mgr Provencher, qui enfin voyait accompli le plus ardent de ses désirs, le plus cher de ses vœux. La parole de Dieu allait être annoncée au delà des montagnes Rocheuses, jusque sur les bords de l’océan Pacifique, et ies nombreuses tribus sauvages de ces contrées allaient voir briller la lumière de l'Evangile. Depuis quatre ans, cette mission avait été l’objet de toutes les démarches de Mgr Provencher au Canada et en Europe.
‘“ Terres de la Colombie, disait-il, vous allez ‘ donc enfin retentir des louanges du saint nom ‘ de Jésus ; la croix va s'élever de rive en rivesur ‘un espace de mille lieues, que vont parcourir ces ‘ deux apôtres pour arriver à leur destination, et ‘la parole de Celui qui a dit que ce signe ado- ‘* rable attirerait à lui tous les hommes, va se véri- “fier à l'égard des pauvres tribus errantes vers ‘ lesquetles ils sont envoyés.”
Le voyage de MM. Blanchet et Demers, depuis Saint-Boniface jusqu’à Vancouver, dura quatre mois et quatorze jours. Tout le long de la route, ils plantèrent des croix aux différents endroits où ils s’arrêtèrent pour dire la sainte messe et pour exercer leur ministère. Ils eurent le bonheur de baptiser un grand nombre d’enfants et quelques adultes, dans les forts de la compagnie où ils s’arrêétèrent, depuis Norway-House, sur le lac Winni-
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peg, jusqu’au pied des montagnes Rocheuses. Le 10 octobre 1838, ils avaient atteint, au prix de fatigues nombreuses, le point le plus élevé des montagnes ; ils y offrirent le saint sacrifice de la messe, au Dieu tout-puissant et miséricordieux qui les avait jusque-là préservés de tout accident, et ils implorèrent sa protection pour le reste du voyage.
La descente des montagnes, à travers des défilés couverts de neige et de glace, offre à chaque instant des dangers aux voyageurs. Dans la descente de la rivière Colombie, deux embarcations firent naufrage à l’endroït appelé dulle des morts. Sur vingt-six personnes, douze s’y noyèrent. Les corps des noyés ne furent point retrouvés, et le reste de la caravane se remit en route sans avoir la consolation de rendre les honneurs de la sépulture à ces malheureux compagnons.
Enfin le 24 novembre, MM. Blanchet et Demers arrivaient au terme de leur voyage.
Ils furent les premiers prêtres qui offrirent le saint sacrifice de la messe sur les bords de ja Saskatchewan, dans les postes de la compagnie.
A partir de 1838, quatre choses principales vont occuper le reste de la vie de Mgr Provencher :
1° Avoir des ordres religieux d'hommes et de femmes, pour les deux missions de la Rivière- Rouge et de la Colombie; 2° Ouvrir les grandes missions de l’extrême Nord; 8° Faire nommer des évêques à la Colombie; 4° Se trouver un coadjuteur.
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C’est désormais vers ces grands projets que vont converger toutes ses pensées, sans cepe:adant rien négliger dans les œuvres déjà commencées, et sans perdre de vue le bien auquel il peut contribuer ailleurs.
Après le départ des missionnaires pour la Colombie, Mgr Provencher écrivit à l’évêque de Québec:
‘© 6 août 1838.
‘ J'ai reçu le 5juin votre lettre datée du 4 avril. ‘“ Monsieur le grand vicaire Blanchet en était le ‘“ porteur. La mission de la Colombie va donc “s’établir! Le bon Dieu a voulu m’éprouver par pasluis obstacles, qu’il a bien su lever quand “ le temps a été venu. A force de presser, quoique ‘ doucement, j'ai fait ouvrir la porte une seconde “€ fois, et voilà nos braves missionnaires entrés par ‘Ia vraie porte dans la bergerie, dont les brebis ‘ne sont peut-être pas toutes l’emblème de la ‘ douceur, qui sont sans doute du nombre de “ celles dont parle le bon Pasteur, en disant qu’il ‘<a encore d’autres brebis, etc. etc. ; qu’il daigne “les amener bien vite! M. Blanchet a plu ici à “tout le monde. Il a prêché tout le temps qu’il a ‘été à Saint-Boniface; on aimait à l’entendre. “ C’est un brave homme, plein de zèle. Il a, dans ‘ses conversations, prêché la soumission aux ‘ supérieurs.”
Il écrit à Mgr Lartigue à la même date :
‘ M. Blanchet et M. Demers sont partis le 10 “juillet pour continuer leur voyage. Que Dieu se Le conserve et leur fasse produire des fruits de “vie! Voilà l’étendard de la foi qui va flotter
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“ dans ces régions lointaines, qui n’ont jusqu'ici ‘# produit que des fruits de mort. ,
‘ Je me réjouis des succès de M. Bellefeuille au ‘lac Témiscamingue; qu’il lance sa faux aussi ‘Join qu’il pourra dans sa moisson.
‘ Veuillez lui faire agréer mes souhaits pour le ‘ succès de la belle œuvre dont il est chargé.”
La joie de Mgr Provencher fut grande lorsqu'il apprit l'élévation de M. Bourget à l’épiscopat:
‘ Vous voilà donc évêque, lui écrit-il, et je m’en ‘ réjouis beaucoup. La Providence a tout conduit ‘et tout a réussi. Qu'elle soit bénie pour cette ‘# marque de protection donnée à la bonne cause !
‘ Votre consécration s’est faite avec pompe.
“Que Dieu vous aide à porter avec courage le ‘ pesant fardeau qu’il vous a imposé! Vous ne ‘ manquerez probablement pas de croix. Tâchez ‘ de vous en réjouir; c’est le chemin le plus sûr ‘‘ pour aller au ciel. Plusieurs peut-être feront ‘ des efforts pour vous pousser par ce chemin, ‘‘tâchez de les entraîner avec vous; ils vous ‘auront de l'obligation, comme vous leur en ‘aurez vous-même.”
Quoique d’un âge peu avancé (il n’avait que 50 ans en 1837), Monseigneur Provencher commença de bonne heure à songer à son successeur; il voulait réaliser pour lui ce qu’il venait de presser avec tant d'instance pour l’évêque de Montréal. Sa constitution, qui paraissait assez robuste, était déjà minée par la maladie qui le conduisit au tombeau. L'année précédente, il avait senti une forte attaque de gravelle, et il continuait à en souffrir
'Hl tous les jours. D’un autre côté, il ne pouvait guère | entreprendre de longs voyages pour visiter les missions, qu’il s’efforçait de multiplier.
Le poids de sa personne l’embarrassait beaucoup, disait-il, quand il lui fallait se transporter, soit en canot, soit en voiture ou à cheval. Aussi dès l’année 1838, il parle d’un coadjuteur dans ses lettres aux évêques du Canada.
‘ Tâchez de me trouver un sujet distingué, dit- ‘il, sur qui je puisse me reposer pour un coadju- ‘‘teur.” Jusqu'à l’année 1848, on lui répondait que rien ne pressait, quoiqu'il continuât toujours d'insister. Il prit néanmoins des mesures, en 1844, pour que son vicariat apostolique pût être admi-
. nistré dans le cas où il viendrait à mourir sans coadjuteur nommé.
Depuis son arrivée dans les missions, Mgr Prcvencher avait toujours désiré avoir des religieuses pour leur confier l’éducation des jeunes filles. Il avait été obligé, faute de mieux, de se servir d’institutrices laïqnes, qui avaient montré beaucoup de dévouement et de bonne volonté, mais dont les moyens ne répondaient pas aux besoins du pays.
Dans son voyage en Europe en 1836, Mgr Provencher avait fait part de ses projets à quelques évêques, pour les prier de lui indiquer à quelles communautés il pourrait s'adresser pour avoir des religieuses. Malheureusement son séjour en France avait été trop court pour lui donner le temps de se mettre en rapport avec quelque couvent.
De retour dans ses missions, il écrivit aux évé-
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ques de France et des Etats-Unis, dans l'espoir qu’en frappant à plusieurs portes à la fois, il trouverait plus tôt ce qui conviendrait à ses missions.
Ce n’était pas seulement pour la Rivière-Rouge, mais aussi pour la Colombie qu’il voulait des religieuses.
Les nouvelles que Mgr Provencher reçut de cette nouvelle mission étaient des plus encourageantes. On demandait du secours en toute hâte, tant la moisson était abondante. Deux prêtres ne pouvaient pas suffire. En 1839, M. Demers écrit pour demander déjà des prêtres et des institutrices.
Mgr Provencher écrit à Mgr Lartigue :
‘6 juillet 1839.
‘MM. Blanchet et Demers font des merveilles ‘sur l'océan Pacifique. Ils demandent de l’aide, ‘et je crois qu’ils en ont besoin.
‘M. Blanchet demande des maîtresses d’école ; ‘il vaudrait mieux lui envoyer des religieuses, ‘mais où en prendre? C’est vers la France qu’il ‘faut tourner les yeux. J’y pense pour ici; j’en ‘ai parlé l‘an dernier au conseil de la Propaga- ‘tion de la Foi de Lyon. J’écrirai cet automne- ‘pour faire venir ici deux religieuses ; on verra ‘ensuite ce qu’il y aura à faire quand elles auront ‘vu le pays. Il faut de toute nécessité pourvoir ‘aux besoins de la Colombie.
Ce qui força surtout Mgr Provencher à jeter ses: espérances sur la France pour la mission de l’océan Pacifique, fut le refus de la compagnie. d'accorder de nouveaux passages aux missionnai-
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res pour la Colombie. Le seul moyen au Canada de porter secours à cette mission, était d'envoyer des prêtres par mer en les faisant passer par le cap Horn, voyage qui prenait une année, et occasionnait des dépenses énormes.
Monseigneur l’évêque d'Amiens avait répondu en 1839 à Mgr Provencher, qu’en s’adressant aux supérieurs des Picpuciens et des'Maristes, il aurait probablement du monde. ‘ Monseigneur l’évêque ‘d'Amiens me donne des espérances, écrit Mgr ‘© Provencher à Québec; je vais lui écrire encore ‘€ cette année, pour le prier de me mettre en rap- ‘ port avec les religieux qu’il me désigne. Je ‘ voudrais tirer un mot de ces respectables reli- ‘ gieux, et savoir s’ils seront prêts à lancer leurs ‘ prêtres sur les bords de l’océan Pacifique.
* Je ne sais ce que va devenir ce pays, et à qui ‘ il appartiendra ; mais peu importe le proprié- “ taire, pourvu que Dieu soit connu de ses habi- ‘ tants. Si cette mission prend de l’accroïssement, ‘il faudra songer à y mettre un évêque bientôt. ‘ Mon hunble opinion est que cet évêque devra ‘ être indépendant de Québec.
‘* Cette mision, que le diocèse de Québec aura ‘ l'honneur d’avoir commencée malgré son grand ‘ éloignement, ne pourra pas être fournie de sujets ‘ par lui. Si on peut y introduire des prêtres tirés ‘ des corporations religieuses de France, ce sera “un très grand avantage pour le pays. Ces cor- “ porations ont des prêtres et des frères qui font 4 les catéchismes et les écoles, etc., etc. ; 1ls seront
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‘“ aussi plus connus des conseils de Paris et de ‘ Lyon.
‘“ J’insiste pour l'indépendance de l’évêque qui ‘ pourra être nommé par la suite.”
Ces importantes affaires ne pouvant être traitées que par lettres, on comprend que les secours arrivaient bien trop lentement au gré de Mgr Provencher, quoiqu'il ne cessût point de presser au Canada et en France. M. Demers, qui demandait des prêtres en 1839, n’en vit arriver qu’en 1842, au mois d’octobre.
MM. Bolduc et Langlois, tous les deux prêtres de Québes, s'étaient embarqués sur un voilier, à Boston, le 13 septembre 1841, pour se rendre à la Colombie en passant par le cap Horn. Le voyage dura une année, et ce ne fut qu’à la fin de septembre 1842 qu'ils arrivèrent à leur destination.
Les nouvelles que M. Bolduc envoya quelques semaines après l’arrivée des deux missionnaires, étaient des plus consolantes pour Mgr Provencher. Partout les missionnaires étaient reçus à bras ouverts, par les blancs et les sauvages de la Colombie. Jamais peuple n’avait reçu la parole de Dieu avec plus d’empressement et plus de désir de la mettre en pratique. Les tribus sauvage, qu’on avait regardées jusque-là comme barbares et cruelles, accouraient au devant de l’homme de la prière, et devenaient humbles et douces comme des petits enfants. Les ministres protestants établis à la Colombie depuis quelques années furent obligés de plier leurs tentes, et de reculer devant quatre ministres de l'Evangile.
Le gouverneur Simpson, dans un voyage qu’il fit cette année-là à la Colombie, fut tout émerveillé du changement opéré en si peu de temps. M. Bolduc disait,dans la lettre déjà citée plus haut :
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‘ La visite du gouverneur Simpson à la Colom- ‘“ bie, a été très favorable. Il a reconnu l'utilité ‘* des missionnaires catholiques dans ces contrées, ‘et a accordé plusieurs passages gratuits pour ‘“l’an prochain, tant pour des prêtres que pour ‘ d'autres hommes destinés au service de ln mis- ‘“ sion, et pour deux femmes capables d’enseigner ‘aux jeunes femmes sauvages la couture, la ‘ manière de fabriquer la toile et autres étoffes.”
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Rendons ici justice, une fois pour toutes, à l'honorable Compagnie de la baie d'Hudson, pour les secours qu’elle a fournis aux missionnaires dans l'établissement des grandes missions de la Rivière-Rouge, du Nord-Ouest et de la Colombie. Si quelquefois elle a paru vouloir mettre un obstacle aux entreprises des missionnaires, ce n’a été que momentané, et parce qu’elle craignaiït que la présence du prêtre n’occasionnât quelque trouble chez les sauvages. Mais aussitôt que l’on vit et que l’on constata le bien que produisait la prés@nce d’un missionnaire chez les peuplades barbares, alors tous les préjugés tombèrent en peu de temps, et l’on peut affirmer que les plus sincères amis des évêques et des prêtres missionnaires furent les officiers supérieurs de la Compagnie de la baie d'Hudson.
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mense territoire du Nord-Ouest. Son but unique était de réaliser les plus gros profits possible; naturellement elle craignait ce qui pouvait nuire à son commerce et diminuer ses capitaux. Sans le secours de sa parfaite organisation, il eût été, sinon impossible, du moins extrêmement difficile de pénétrer dans l’intérieur du pays, et de s’introduire chez les tribus sauvages. Ce fut donc à sa bienveillance que les premiers missionnaires durent les moyens de se transporter dans tous les coins les plus reculés du pays, pour y faire briller les lumières de l'Evangile. Si, de temps à autre, ils eurent à se plaindre de certains procédés de la part d#subalternes, ces faits furent rares, et on ne doit pas les imputer à la compagnie. Ses gouverneurs surtout furent de parfaits gentilshommes, qui ont mérité l’estime des prêtres qui les ont connus. *
Le même avantage que le gouverneur Simpson offrait à la Colombie, d’y faire passer des femmes pour enseigner divers genres d'industrie aux femmes du pays, avait été offert à Mgr Provencher en 1837. La Compagnie de !a baie d'Hudson s’offrait à donner le passage à deux tisserandes, et à les payer durant trois années, à la condition que
* L’honorable Compagnie de la baie d'Hudson a donné, pour le support des missions, de 1825 à 1830, 50 louis sterling; depuis cette date elle a donné annuellement 100 louis à Mgr Provencher jusqu’en 1853, et à Mgr Taché pendant plusieurs années.—Divers autres dons furent aussi faits à des missionnaires à différentes époques,
la mission les logerait et les nourrirait. La condition fut acceptée, et en 1838 les tisserandes montèrent à la Rivière-Rouge. Mgr Provencher leur fournit une maison et des métiers, et l’on ouvrit une école d'industrie. En peu de temps, plusieurs filles apprirent à tisser des toiles et des étoffes, ce qui fut un grand avantage pour les familles. Cette école fonctionnait à merveille depuis un an, quand malheureusement un incendie vint détruire en un instant le fruit de tant de sacrifices.
‘ Le 26 mars, écrit Mgr Provencher à l’évêque ‘‘ de Québec, mon école d'industrie a brûlé avec ‘ tout ce qu’il y avait dedans. «
‘ Les tisserandes et leurs élèves se sont sauvées ‘ seulement avec ce qu’elles avaient sur le corps, ‘* quoique ce fût en plein midi. Tous les instru- ‘“ ments pour faire la toile, métiers, cardes, laine, ‘“ filasse, fil, tout a brûlé. Les portes et les châssis ‘ de l’église y étaient déposés, prêts à être posés ‘au mois d'avril; l:, moitié des volets et tous les ‘ cadres des portes ont été consumés. Ma vieille ‘ chapelle a pris feu en plusieurs endroits. C’est ‘ une perte considérable, et qui me met en retard ‘‘ pour mc servir de mon église. La compagnie ‘ m’a donné 250 piastres pour remonter mon école ‘ d'industrie. J’ai espérance de réussir. Sans cela ‘il n'y a pas moyen de tenir ici.
‘“ Après cet incendie, je ne savais où loger les ‘ maîtresses et leurs élèves. Je leur ai abandonné ‘ ma maison en pierre, et je me suis logé, avec ‘ M. Mayrand, dans ma vieille sacristie, qui me ‘ met à l’abri du mauvais temps en été, mais qui ‘“ ne me rend pas le même service en hiver: le ‘vent empêche de faire du feu; c’est une bâtisse
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“ Cet incendie me cause un dommage considé- ‘“ rable.”
Monsieur Demers, en se rendant à la Colombie, avait écrit à Mgr Provencher, pour lui faire connaître tout le bien qu’un missionnaire aurait à faire le long de la rivière Saskachewan, dans les postes de la compagnie, et jusqu’au pied des montagnes Rocheuses. ‘Tous, lui disait-il, sau- “ vages et blancs, désirent la présence d’un prêtre ‘“ parmi eux.”
Ii n’en fallait pas tant pour enflammer le zèle de Mgr Provencher, qui déjà désirait porter vers ces contrées les secours de la religion.
Le premier officier du fort des Prairies, M.
Rowand, se trouvait alors de passage à la Rivière- Rouge; il était catholique, et paraissait bien disposé à conduire avec lui un missionnaire : l’occasion paraissait donc des plus favorables. Malheureusement la permission demandée l’année précédente au comité de Londres pour fournir des passages aux missionnaires n’était pas encore arrivée, et Mgr Provencher, par mesure de prudence, ne voulant ni froisser ni compromettre les officiers de la compagnie, se résigna à attendre qu’il eût lui-même le moyen d’envoyer ses prêtres aux frais de la mission.
En 1840, Monsieur Blanchet voyant l’importance que prenait la mission, de la Colombie, et tout ce qu'elle offrait d’espérances pour l'avenir,
écrivit à Québec et à Saiut-Boniface, pour demander s’il ne serait pas préférable de transporter le siège de Mgr Provencher à la Colombie. Celui-ci répondit :
‘Je veux bien qu’il y ait un évêque à la Colom- ‘ bie; la chose me paraît urgente; mais n’aban- ‘ donnons pas la Rivière-Rouge ; tenons la place ‘“ partout où elle est prise.”
Avec toutes ces missions en vue, Mgr Provencher n'avait encore avec lui, en 1840, que trois prêtres : MM. Belcourt, Thibault et Mayrand ; il destinait les deux premiers pour les missions sauvages éloignées, et il ne gardait avec lui que le dernier pour l’aider dans la desserte des missions de Saint- Boniface et de Saint-François-Xavier.
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