‹ Monseigneur Provencher et les missions de la Riviére-Rouge [microforme]Chapitre 42 sur 79 · DE A CE RE EE LE · texte numérisé non relu

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avaient signé une requête au gouverneur de la compagnie, demandant qu’un prêtre eût la permission de résider parmi eux.

‘ Les gens de ces parages, écrit Mgr Provencher ‘à l’évêque de Québec, ont signé une petite re- ‘ quête au gouverneur, pour demander un prêtre ‘parmi eux. Que va dire le brave homme en ‘voyant que nous n’avons pas respecté sa défense ? ‘ Mais un plus puissant que lui me charge et me ‘ presse de paître le troupeau qui m'est confié. M. Thibault doit retourner là au printemps.

‘Tous ‘28 Métis et sauvages qu'il a rencontrés ‘“ ont abandonné les ministres méthodistes pour ‘ embrasser la vérité.”

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La porte des grandes missions de l’Ouest était donc ouverte enfin, et il ne manquait plus que des ouvriers qu'on pût envoyer dans l'immense champ du Père de famille ; il en aurait fallu un grand nombre, et Mgr Provencher n'avait qu’un prêtre à donner !

À Québec et à Montréal, les évêques étaient bien prêts à laisser partir pour les missions ceux qui consentiraient à y aller; mais les vocations étaient rares pour ce genre de ministère qui n’offre que des fatigues et des sacrifices.

Au printemps de 1841, Mgr Provencher avait vu avec joie arriver à Saint-Boniface, un digne prêtre, admirablement doué de toutes les qualités qui font un bon missionnaire : courageux, zélé, pieux, fort et robuste, M. Darveau fut, dès son arrivée, un sujet précieux pour les missions. Son

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désir étant de se livrer uniquement à l’instruction des sauvages, il se mit avec ardeur à l’étude de la langue sauteuse, sous la direction de M. Belcourt. A la fin d’une année, il avait fait de si rapides progrès que déjà il était en état de catéchiser en sauvage. Mgr lui donna le soin de la mission de la Baie-des-Canards, fondée par M. Belcourt en 1840.

Monsieur Poiré était retourné définitivement à Québec en 1839, en sorte qu'avec des besoins grandissant chaque jour, Mgr Provencher avait la douleur de voir le nombre de ses auxiliaires demeurer toujours le même. En 1842, il n’avait que quatre prêtres : MM. Belcourt, Thibault, Mayrand et Darveau. Il sentait bien qu'avec un tel état de choses les missions éloignées allaient nécessairement languir, et c'était là sa grande et continuelle préoccupation. Aussi, il pressait de tous côtés par ses lettres, pour avoir des communautés religieuses adonnées aux missions; il avait prié

* instamment Mgr Bourget de s'intéresser à lui pour lui en procurer. Celui-ci, dans son voyage à Rome en 1841, en avait parlé au général des Jésuites, et il paraissait réglé que ces bons religieux allaient être envoyés à la Rivière-Rouge : en effet, l'évêque de Québec écrit à Mgr Provencher en 1842:

‘ C’est chose décidée à Rome, entre Mgr de ‘ Montréal et le général des Jésuites. que vous ‘aurez bientôt des Jésuites pour auxiliaires.”

Les évêques de France à qui Mgr Provencher Æcrivait pour des prêtres et des religieuses, lui donnaient toujours à espérer du secours pour ses missions et pour la Colombie; cependant rien n’arrivait.

En 1842, le 10 juillet, il écrit à Québec: ‘‘ Tâchez ‘donc de me procurer des religieuses pour l’année “ prochaine. Il y en a de toutes descriptions aux {€ Etats-Unis.

‘ Vous me renvoyez à l’arrivée des Jésuites, qui “viendront Dieu sait quand! Demandez des Sœurs de Charité, ou du Sacré-Cœur, ou des “© Amantes de la Croix, du Kentucky. J’ai chargé 4 l'évêque de Dubuque de s'intéresser pour moi.”

Au printemps de 1843, Mgr Provencher voyant -que toutes ces négociations traînaient en longueur; et qu’on n’aboutissait à rien par lettres, résolut d'aller lui-même en Canada, et jusqu’en Europe s’il le fallait, pour se procurer les sujets dont il “avait besoin. L’évêque de Québec et son coadjuteur l’encourageient à faire ce voyage, en passant par les Etats-Unis pour examiner les différents ordres religieux qui y étaient établis, et voir s’ils conviendraient à ses missions. ‘ Une fois rendu ‘ au Canada, lui disait Mgr de Québec, on pourra -4 profiter de Ja circonstance pour examiner s’il "4 ne serait pas à propos d’ériger votre district en “€ diocèse indépendant, comme il est question de “4 le faire pour la Colombie.”

Cette invitation de l’évêque de Québec, pour

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ida Mgr Provencher à partir pour le ee ET rite à ses affaires pour que la mission n’eût rien à souffrir durent son absence ; il laissa un testament dans lequel il nom M. Thibault et M. Demers administrateurs s’il venait à mourir sans coad) uteur nommé ; puis, les choses étant ainsi réglées, il se mit en route le 19

juin au matin.

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