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268 MONSEIGNEUR PRGVENCHER
Si une telle détermination eût été mise à exécution, Mgr Provencher en serait mort de douleur. ITeureusement il était trop tard pour lui donner suite. La Providence avait tout prévu: Mgr Taché était nommé évêque, et par là l’avenir des missions était assuré.
‘ Qui donc, écrit Mgr Provencher, a pu dire à ‘ l’évêque de Marseille que le territoire de la ‘* baie d'Hudson n'était pas capable d’occuper ‘“ ses sujets? Il m’a écrit qu’il était décidé à les ‘rappeler tous, et que je lui avais joué un tour ‘en ne le prévenant pas à temps du choix que ‘j'avais fait de Mgr Taché pour mon coadju- ‘teur. * Moi, je crois que c’est Dieu qui lui en a ‘joué un plus beau, en le mettant dans la néces- ‘“ sité de ne pas abandonner un de ses enfants. ‘ Que serait devenu le pays, avec tous ses sau- ‘ vages abandonnés tout à coup? Ces missions ‘n'auraient jamais repris. La perspective avait ‘apparemment effrayé, car personne, avant le ‘ Révérend Père Taché et M. Lañflèche, n'avait ‘ mis la main à la charrue. Elles sont pénibles, à ‘Ja vérité, ces missions ; maïs Dieu a permis et ‘“ semble bénir ce grand projet; sans doute il a ‘ des vues de salut sur quelques-uns des sauvages ‘“ de ces contrées glacées. Il manque peut-être ‘ quelques pierres à son édifice. Qui osera lui “ dite: Ne les prenez pas là? Pendant que nous ‘ étions tranquilles ici, on méditait au loin notre ‘“ destruction. Je n’en reviens pas! J'espère que ‘ cette pensée sinistre ne reviendra pas.”
* La lettre que Mgr Provencher avait adressée à Mgr de Mazenod pour le prévenir, était restée à Mon:réal avec d’autres lettres ; eile n’arriva à Marseille qu'après l’émission des bulles de Mgr Taché.
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Mgr Provencher en fut quitte pour voir le danger qu’avaient couru ses missions, et il rendit de profondes actions de grâces au ciel qui n'avait pas permis qu’un pareil malheur arrivât.
Malgré les mauvaises récoltes des années précédentes, et la pauvreté dans laquelle se trouvait la colonie de la Rivière-Rouge, Mgr Provencher n'avait pas négligé les œuvres commencées pour l'éducation de la jeunesse. Il avait ouvert de nouvelles écoles ; son couvent, commencé en 1846, était terminé: c'était sans contredit le plus bel édifice du pays, et le plus considérable. Les Révérendes Sœurs pouvaient y recevoir des pensionnaires, et leur donner une éducation distinguée. Outre les langues française et anglaise, on y enseignait les beaux-arts, la musique et le dessin. En voyant ces succès, Mgr Provencher se réjouissait, et bénissait Dieu. Il aurait bien voulu bâtir un collège, et procurer aux garçons le même: avantage qu'il procurait aux jeunes filles; pour cela, il lui aurait fallu des professeurs ; son coadjuteur devait s'occuper de cette question à son retour de France; mais, dans ce pays, malgré la meilleure volonté du monde et le zèle le plus entreprenant, les choses n’allaient que lentement.
Monseigneur Provencher avait été témoin du terrible fléau de l’inondation qui, en 1826, avait. ruiné le pays; un an avant sa mort, il eut la douleur de voir encore une fois toute la colonie dévastée par un débordement de la rivière Rouge. Il nous trace lui-même le tableau de ce désastre. dans une lettre à Mgr Bourget. °
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