‹ Monseigneur Provencher et les missions de la Riviére-Rouge [microforme]Chapitre 60 sur 79 · EP T ET RER ET EPS · texte numérisé non relu

EP T ET RER ET EPS

‘ La misère est si grande, écrit Mgr Proven- “ cher, qu’il faudra une quête pour assister les “ plus pauvres, et les empêcher de trop souffrir. . Le fais distribuer des provisions parmi eux. # La compagnie va prêter du blé sous la respon- “ gabilité du conseil.”

Dans ce déplorable état de choses, Mgr voulait renoncer au projet de faire venir des Frères pour son collège; il était trop pauvre pour payer les frais de leur passage, et même pour leur assurer un entretien convenable.

En revenant d'Europe; Mgr Taché avait parlé à l’évêque de Montréal pour procurer à la Rivière- Rouge des religieux enseignants. Mgr Bourget lui avait indiqué les Frères de Saint-Viateur, établis en Canada depuis 1847, et il s’était offert de négocier la demande de quelques-uns de ces religieux pour l’année suivante.

Mgr Taché avait fait part de cette bonne nouvelle à l’évêque de Saint-Boniface, qui avait une maison déjà prête à les recevoir ; mais il ne savait sur quoi compter pour les faire venir. Dans le cours de l'hiver, il courut la rumeur que Mgr de Montréal destinait au soutien des écoles de la Rivière-Rouge toutes les aumônes recueillies durant le jubilé qui avait eu lieu. Cette nouvelle fit entrevoir à Mgr Provencher la possibilité de faire monter les Frères au printemps. Il écrivit donc à Mgr'Bourget, au mois de mars 1853 :

‘J'ai songé au projet formé l'an. passé avec ‘ Mgr Taché, de nous envoyer des Frères de

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‘* Saint-Viateur. Nos désastres causés par les ‘eaux, et la disette qui devait s’en suivre m'ont ‘f fait parler avec réserve sur cette affaire. N’ayant ‘reçu aucune lettre de Votre Grandeur durant ‘ l'hiver, je ne comptais guère sur l’exécution de ‘ce projet. Mais si Dieu a inspiré à Votre Gran- ‘ deur un moyen que les autres auraient repoussé ‘ dans les circonstances où vous vous trouvez, * ‘‘je répondrai aux avances faites le mieux que ‘je pourrai. Il faudra de l'argent pour la route, ‘et ici de quoi manger. Si vos moyens sont pas- ‘* sables, mettez vos Frères en chemin pour qu’ils x Aa quitter Saint-Paul vers le 15 ou + 20 ‘* de juillet. Priez pour moi, cher Seigneur, car ‘ nous sommes tous dans la misère.”

Si Dieu eût accordé à Mgr Provencher de voir, avant de mourir, son collège confié à un ordre religieux capable de donner à la jeunesse une haute éducation, et de former le germe d’un séminaire dans son diocèse, il eût pu dire, en fermant les yeux, qu’il n’avait plus rien à désirer, et qu’il mourait après avoir vu tous ses vœux accomplis ; mais cette dernière consolation lui fut refusée; Dieu se contenta des bons désirs de son fidèle serviteur, et lui fournit par là une occasion de pratiquer encore une fois la résignation à la volonté suprême.

Parmi les prêtres qui restaient à l’évêché, deux parlaient de retourner au Canada: M. Lafièche,

* Mgr Bourget venait de voir brûler son évêché en 1852, et il était lui-même obligé de tendre la main pour se relever de ce désastre.

qui voyait sa santé dépérir chaque jour, sentait le besoin de partir, et le Père Bermond avait demandé son rappel pour l’année suivante. Mgr Provencher attendait deux Oblats pour les remplacer.

De deux autres Pères arrivés l’automne précédent, l’un, le Père Rémas, était destiné à partir au mois de juin pour rejoindre Mgr Taché, et l’autre, le Père Végreville, n'avait encore exercé aucun ministère. Mgr Provencher ne se sentait plus la force de rester seul pour aller au loin. Il écrivait à Mgr Bourget :

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