‹ Monseigneur Provencher et les missions de la Riviére-Rouge [microforme]Chapitre 7 sur 79 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Etat de la Rivière-Rouge en 1816.—Lutte acharnée entre les deux compagnies.—Lord Selkirk à la Rivière-Rouge.

Le premier instrument dont se servit la divine Providence pour appeler des missionnaires catholiques à la Rivière-Rouge fut, chose étonnante, un

seigneur écossais protestant, Thomas Douglas, comt= de Selkirk. Ce noble seigneur avait formé, en l’année 1810, le dessein de fonder une colonie sur les bords de la rivière Rouge.

Devenu actionnaire puissant dans la Compagnie de la baie d'Hudson, dont il possédait quarante parts sur cent, il se fit concéder, en 1811, dans le territoire attribué à cette compagnie, une certaine étendue de terres, et se disposa immédiatement à y conduire un détachement de ses compatriotes, pour prendre possession de ces terres et pour les cultiver.

Le droit de la Compagnie de la baie d'Hudson sur ce territoire, et la validité de la concession faite à lord Selkirk, furent violemment contestés par la Compagnie du Nord-Ouest, sa rivale et son

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ennemie. Malgré cela, dès l’été de 1811, M. Miles McDonell, agent de lord Selkirk, partit d’Ecosse avec un certain nombre de familles, pour aller commencer un établissement sur les bords de la rivière Rouge. Ces colons n’arrivèrent à leur destination qu’à l’automne de 1812. L’endroit choisi pour la colonie était à 40 milles environs de l’embouchure de la rivière.

Au commencement de l’année 1813, cette colonie se trouvait composée d'environ cent personnes, et au mois de septembre 1814, elle en comptait à peu près deux cents.

Depuis le commencement de cet établissement jusqu’à l’hiver de 1814-1815, il ne se passa aucun événement important qui pût retarder le progrès de la colonie naissante, et les difficultés, pour ainsi dire inévitables au commencement d’une entreprise de cette nature, avaient été heureusement aplanies.

Mais la puissante Compagnie du Nord-Ouest, qui, en 1811, avait protesté de toutes ses forces contre la validité de la concession faite à lord Selkirk, se montrait de plus en plus mal disposée à l’égard du nouvel établissement. Elle croyait voir, dans ce noyau de colons, une menace contre le commerce des pelleteries, qui ne manquerait pas de diminuer si le pays se colonisait, et en même temps une protection pour sa rivale, qui trouverait des défenseurs dans les Ecossais.

Elle répandit tout d’abord, auprès des sauvages, des soupçons contre ces nouveaux venus, qui ne

s’établissaient dans le pays, leur disait-elle, qu’afin de réduire, plus tard, les sauvages à la misère et à la servitude. Mais voyant, après quelque temps, que ni les sauvages ni les Métis ne voulaient commettre aucune hostilité contre les colons, les associés de la Compagnie du Nord-Ouest résolurent d’en venir eux-mêmes à des moyens plus

prompts et plus efficaces.

Durant l’été de 1814, tous les principaux offi-

ciers ae cette compagnie se réunirent en grande assemblée au fort William, sur le lac Supérieur, et là, ils décidèrent d’en finir avec la colonie de lord Selkirk.

Parmi les associés de la compagnie qui, dans l’été de 1814, reçurent des instructions à ce sujet au fort William, se trouvaient MM. Duncan Cameron et Alexandre McDonell. Le premier eut l’ordre de se rendre au fort Gibraltar, à l'embouchure de l’Assiniboine, et l’autre fut envoyé au poste de la rivière Qu’appelle. Le 5 août de la même année, M. McDonell écrivait à un ami de Montréal, une lettre signée de sa main, et qui ne laisse aucun doute sur les intentions de toute la compagnie.

‘5 août 1814.

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