ACTE PREMIER
dre. L'inaction prolongée me tuerait, et, toi-même, tu r,e m'estimerais plus oisif. D'ailleurs, c'est le travail, c'est le devoir, c'est-à-dire la communion de l'homme avec l'humanité; laisse-moi faire.
RAV.MONDE .
Vous avez raison, toujours raison. Soyez utile et bon, je ne peux qu'y gagner.
MONTAIGLIN.
Puis je t'ai prévenue, n'est-ce pas?quand je t'ai demandé, il y a six ans, si tu voulais être ma femme : je t'ai bien dit d'avance que ce n'était pas le mariage tel que le révent les jeunes filles, que je venais l'offrir; ni mon âge ni ma position ne me permettaient le rôle de Roméo. Nous avons contracté l'un avec l'autre une alliance défensive contre la vie. Tu étais si modeste, si triste auprès de cette vieille tante dont la raison s'éteignait peu à peu, que je me suis cru en droit de t'offrirmon nom et ma tendresse pour t'abriter définitivement. Que serais-tu devenue après sa moit? Je t'ai dit: « Voulezvous un ami? Je ne pourrai guère passer avec vous que deux ou trois mois par an; mais je saurai, dans mos longs voyages, qu'il y a quelque part une personne qui pense à moi, et qui m'attend quand je reviens. Voulez-vous être ma compagne pendant quelques années, et ma fille pendantle reste? » Tu as accepté. C'est cela qui a été convenu, pas autre chose.
SGÈiNE V.
Les Mêmes, OGTyVVE , ADRIENNE.y
OCTAVE, enlriint et tpnnnt Ailrienne par In ni:iin.
Voilà notre sauvage. {b»s, h Montnigiin.) Elle m'appelle monsieur : elle ne sait pas que je suis son père. Ne le lui dites pas.
Sois tranquille, (a AJrlenne qui n regardé pendant ce temps-là Baymonde et a échangé avec elle un signe invisible pour les autres.) EntrOZ,
mon enfant, entrez ! Les personnes qui sont ici ne vous veulent que du bien.
ADRIENNE, à Montaiglin et à Raymonde.
Alors, vous voulez bien vous charger de moi?
RAYMONDE
Nons en sommes très-heureux.
MONTAIGLIN.
Quel âge avez-vous?
ADRIENNE, à Octave.
Près de onze ans, n'est-ce pas, monsieur?
Octave fait signe que oui.
MONTAIGLIN.
Et vous vous nommez?
ADRIENNE
Adrienne. Au village, on m'appelait Adrienne Freneau, du nom\de mes père et mère nourriciers. 3Iais, véritublement,!je n'ai pas d'autre nom qu'Adrienne.
Montaiglin regarde Octave.
OCTAVE
C'est un joli nom.
., MONTAIGLIN.
Alors, vous n'avez plus de parents?
Je n'en ai jamais eu« je n'ai jamais vu, en dehors de mes nourriciers, que monsieur (Eue montre octave), qui a connu mes parents, m'a-t-il dit, et leur a promis, quand ils sont morts, de s'occuper de moi. Il a tenu parole, il a été bien bon pour moi, mais jamais autant qu'aujourd'hui.'
EUe lui tend les bras.