‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 13 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JIONTAIGLIN.

Embrasse-la donc.

OCTAVE, l'embrassant superficiellement.

Elle sait que je l'aime bien.

MONTAIGLIN.

Vous croyez donc que vous serez heureuse ici?

• ADRIENNE

J'en suis sûre

MONTAIGLIN.

Étiez-vous donc mal chez vos nourriciers?...

ADRIENNE

Non; mais ils avaient beaucoup à faire, et puis ils n'en savaient pas long, et il n'y avait pas moyen de causer avec eux.

MONTAIGLIN.

Et vous voulez causer, vous?

Oui.

MONTAIGLIN,

De quoi?

ADRIENNE

De tout ce que vous savez et que je veux savoir. Et puis je pense aussi, moi, et je voudrais dire à quelqu'un ce que

je pense; à madame, si elle veut. (Mouvememinstinctif d'iuqulélude de Raymonde en voyant Adrienne s'approcher d'elle.) Oh! OC CraigneZ

rien, madame; vous pouvez approcher de moi, je ne suis pas méchante. Figurez-vous que j'avais quelquefois si grand besoin de dire ce que j'avais là et là [EUe montre sa tôte et son cœur.), que je pleurais toute seule et que j'en étais malade, de ne pouvoir le dire à personne, dans ces derniers temps surtout; mais, maintenant je vais me rattraper.

22 MONSIEUR ALl>HONSE.

MONTAIGLIN.

Pourquoi ne causiez-vous pas avec monsieur ?

Il montre Octave.

ADRIENNE

Il ne pouvait pas venir me voir souvent, et, lorsqu'il venait, il était toujours pressé.

OCTAVE

Mon bureau! mon bureau!

MONTAIGLIN.

Puisque t'eus saviez écrire, il fallait lui écrire de venir.

ADRIENKE.

Nous ne savions pas son adresse, nous ne savions que son nom ; M. Alphonse.

OCTAVE , à Montaiglin.

Je n'avais pas dit mon vrai nom...

MONTAIGLIN.

Oh! je comprends, sois tranquille, (a Adrienne.) Je parierais que vous savez combien de fois M. Alphonse est venu vous voir?

A D Kl K N A H .

Oui, six fois.

OCTAVE

Mais j'y suis allé bien plus souvent quand elle était toute petite; seulement, elle ne peut pas se le rappeler.

MONTAIGLIN, à Octave.

Évidemment... Enfin! (a Adrienne.) Eh bien, ma chère enfant^ je ne pourrai pas causer beaucoup avec vous, parce que je pars demain.

ADRIENNE, très-afîectueusement.

Déjà !

MONTAIGLIN.

Mais je reviendrai, et alors nous pourrons causer de bien

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