M ONT A IG LIN
Eh bien, Dieu, qui a voulu que vous n'eussiez pas de parents, a voulu que nous n'eussions pas d'enfants. Alors.;.
ADRIENNE
Je comprends : vous serez mes parents et je serai votre enfant.
MONTAIGLIN.
G' la vous va comme cela?
ADRIENNE
Oh ! très-bien.
MONTAIGLIN, lui donnant la inuin comme à une grande personne. Alors, c'est convenu. (Adrlenne lui serre la main. Monlaiglin l'embrasse.) Sur ce, je vous laisse avec madame, qui va s'occuper de votre installation, pendant que je vais m'occuper de mes préparatifs de départ. Et puis, deux femmes qui vont vivre ensemble ont tant de choses à se dire!
ADRIENNE
Oh! oui.
MONTAIGLIN, ù Octave.
Et toi, tu dînes avec nous ?
OCTAVE
Mais...
MONTAIGLIN.
Allons, allons, tu dînes avec nous; fais la journée complcle.
« Je suis forcé de retourner à l'aris! » Voilà ce que monsieur va vous répondre.'Je connais celte phrase-là K il me l'a dite six fois.
MONTAIGLIN.
Ces six fois-là, c'est encore beaucoup pour lui. Il faut lui pardonner.
ADRIENNE
Ce n'est pas assez ; je l'aime, car, enûn, il n'était pas forcé de venir.
MONTAIGLIN.
Elle est adorable I (a octave.) Si tu en as une autre pareille, tu sais que tu peux l'amener. Enfin, dînes-tu avec nous?
OCTAVE
Je ne sais pas. 11 faut que je retourne à Paris.
ADRIENNE , riant.
Làl
OCTAVE
Je ne peux pas laisser comme ça madame Guichard toute une journée. Si je peux m'esquiver je reviendrai dîner ici.
MONTAIGLIN.
Tiens, tu vaux ton pesant d'or! mais je ne t'achèterai pas ce prix-là. Envoie-lui une dépêche, à madame Guicliard. Elle sait que tu me connais.
OCTAVE
Certainement; mais je lui ai dit hier que j'allais chez mon oncle.
MONTAIGLIN.
Alors, envoie une dépêche à ton oncle pour qu'il envoie une dépêche à madameGuichard ! Mon Dieu que çadoitêlre ennuyeux et fatigant de mentir toujours ainsi 1
Ils sortent.