ACTE DEUXIEME
MADAME GUICHARD
Je vais leur expliquer tout ça, puisque lu n'oses pas l'expliquer toi-même.
Comme vous vous agitez, comme vous vous tourmentez, comme vous vous mettez la cervelle à l'envers! Vous voulez avoir cette enfant? eh bien, vous l'aurez... Quand vous n'en voudrez plus, on la ramènera ici ou autre part.
MADAME GUICHARD
Elle sera véritablement ma fille, je t'en réponds. Je suis tout aussi capable qu'une autre d'aimer un enfant. Je souffre assez de no pas en avoir. Ah ! si j'avais un enfant de toil Dis-moi que tu m'aimes un peu?
OCTAVE
Vous le i^avez bien, folle!
MADAME GUICHARD, regardant sa montre et redevenue joyeuse.
Quelle heure est-il? une heure. Il me faut une heure pour aller à Paris, une heure pour faire ce que j'ai à y faire.
OCTAVE
Quoi?
MADAME GUICHARD, gaiement.
Ça ne te regarde pas.
OCTAVE
Vous me faites trembler.
MADAME GUICHARD-
Je suis si bôle, n'est-ce pas? Une heure pour revenir, je serai ici entre quatre et cinq heures avec ma voiture, et nous emmènerons l'enfant.
OCTAVE
Pas aujourd'hui.
Parce que... ?
OCTAVE
Parce que le commandant, qui part domain, m'a demandé do dîner avec lui ; j'ai accepté. Je ne puis pas lui dire maintcnatit que je refuse.
MADAME GUICIIARD.
C'est juste... Eh bien, nous dînerons tous ensemble ici... II m'invitera.
OCTAVE
J'en doute.
MADAME GUICHARD
Je sais ce que je dis ; ce soir, lui et moi, nous serons les meilleurs amis du monde. Je ne te dis que ça. Reste avec tes amis, annonce-leur ma résolution. A mon retour je m'excuserai d'être partie sans avoir pris congé d'eux. Tu vois qu'on s.iit son monde, quand on veut s'en donner la peine; mais je n'ai pas de temps à perdre. Adieu... Oh ! je l'aime!
EUe sort en lui envoyant des baisers.