‹ Monsieur Alphonse; piece en trois actesChapitre 27 sur 60 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

MADAME GUICHARD

Je vais leur expliquer tout ça, puisque lu n'oses pas l'expliquer toi-même.

Comme vous vous agitez, comme vous vous tourmentez, comme vous vous mettez la cervelle à l'envers! Vous voulez avoir cette enfant? eh bien, vous l'aurez... Quand vous n'en voudrez plus, on la ramènera ici ou autre part.

MADAME GUICHARD

Elle sera véritablement ma fille, je t'en réponds. Je suis tout aussi capable qu'une autre d'aimer un enfant. Je souffre assez de no pas en avoir. Ah ! si j'avais un enfant de toil Dis-moi que tu m'aimes un peu?

OCTAVE

Vous le i^avez bien, folle!

MADAME GUICHARD, regardant sa montre et redevenue joyeuse.

Quelle heure est-il? une heure. Il me faut une heure pour aller à Paris, une heure pour faire ce que j'ai à y faire.

OCTAVE

Quoi?

MADAME GUICHARD, gaiement.

Ça ne te regarde pas.

OCTAVE

Vous me faites trembler.

MADAME GUICHARD-

Je suis si bôle, n'est-ce pas? Une heure pour revenir, je serai ici entre quatre et cinq heures avec ma voiture, et nous emmènerons l'enfant.

OCTAVE

Pas aujourd'hui.

Parce que... ?

OCTAVE

Parce que le commandant, qui part domain, m'a demandé do dîner avec lui ; j'ai accepté. Je ne puis pas lui dire maintcnatit que je refuse.

MADAME GUICIIARD.

C'est juste... Eh bien, nous dînerons tous ensemble ici... II m'invitera.

OCTAVE

J'en doute.

MADAME GUICHARD

Je sais ce que je dis ; ce soir, lui et moi, nous serons les meilleurs amis du monde. Je ne te dis que ça. Reste avec tes amis, annonce-leur ma résolution. A mon retour je m'excuserai d'être partie sans avoir pris congé d'eux. Tu vois qu'on s.iit son monde, quand on veut s'en donner la peine; mais je n'ai pas de temps à perdre. Adieu... Oh ! je l'aime!

EUe sort en lui envoyant des baisers.

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