ACTE DEUXIÈME
BAYMONDE, qui n'avait pu retenir ses larmes, les essuyant tout à coup.
Vous avez raison.
OCTAVE
A la bonne heure. Et puis elle est si changeante. Elle n'est pas plus faite pour être mère que moi ! L'enfant l'ennuiera et elle sera trop heureuse un beau jour de vous la rendre. Je vous promets, du reste, de faire tout mon possible pour cela,
RAYMONDE
Et quand faut-il lui livrer ma fille?
OCTAVE
Elle va revenir la chercher à cinq heures.
RAYMONDE
C'est bien bon à elle de nous avoir donné jusque-là... Mais il faut que je prépare Adrienne à cette idée, sans quoi elle se trahira; car on nepeut pas lui demander, à cette enfant, bien qu'elle soit née de vous, votre présence d'esprit et votre circonspection. Ce qu'elle a fait ce matin est déjà au-dessus de son âge ; si elle se trahit, mon mari saura tout, il n'y aura pas de votre faute non plus, mais il le saura et j'en mourrai, ce qui ne me servira de rien. Vous qui avez du sang-froid et qui êtes maître de vous, allez retrouver M. de Montaiglin et tenez-le éloigné assez longtemps de la maison pour que je puisse parler à Adrienne et qu'il ne puisse voir ni ses larmes ni les miennes; et puis lorsque votre fiancée viendra la chercher, si vous pouvez obtenir qu'elle me la laisse jusqu'à demain, jusqu'après le départ de mon mari, je vous serai très-reconnaissante ; quant aux raisons à lui donner, vous les trouverez plus facilement que moi qui ai la tête perdue. Allez, monsieur, allez! c'est le seul service que je vous aurai demandé de ma vie, vous me le devez peut-être et ce sera le dernier, je vous le promets.
OCTAVE
Du sang-frojd, du saug-lroid, et comptez sur moi.
oO MONSIEUR ALPHONSE.
Merci.
Il sort.